"Cloud! Téléphone!"
Je lève les yeux de mes cartes et jette un coup d'oeil derrière mon épaule. Tifa est entrain de m'appeler. Je me lève doucement et me dirige vers le bureau. Elle me sourit et me regarde attentivement tandis que je rentre.
"Quoi?"
"Rien du tout," déclare-t-elle, la main sur le combiné."C'est Vincent, encore une fois. Ca doit être la sixième fois qu'il appelle en deux semaines... peut-être que Marlène avait raison. Peut-être qu'il avait juste besoin d'une étreinte."
Je lui prend le combiné des mains, "J'en doute."
Elle rit et sort de la pièce tandis que je porte le téléphone à mon oreille.
"Non." Déclaré-je.
"Cloud, ça fait deux semaines."
"Et? Ecoute, je t'ai dit que je te prouverais que j'ai confiance en moi... pas que j'irais lui dire... enfin, pas juste comme ça." Lui dis-je.
Franchement, je crois que tout cela l'amuse.
"Cloud... tu me déçois."
"Va prendre un bambin dans tes bras espèce de clown morbide." Les mots glissent de ma bouche avant que je ne puisse même y réfléchir.
Attendez, est-ce que ce n'est pas comme ça que me suis enfourné dans tout ça ?
"...Je comprends le 'morbide'. Mais pourquoi 'clown', Cloud?"
"En quatre mots, Vincent. Grosses. Chaussures. Dorées. Pointues." Je ne me retiens pas.
Franchement, comment peut-on ne pas être un clown avec des chaussures pareilles ?
"... C'étaient les seules qui allaient avec le gant." Etrangement, sa voix semble mortellement sérieuse.
D'accord, Je ne parlerai pas de mode avec Vincent.
"Au revoir, Vincent."
"Ma foi en toi est au niveau deux."
"Tu as autant confiance en moi?"
"...moins trois."
Click!
Stupide clown morbide.
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Ugh...
Bleah...
Ech...
Uhhhhhhh...
Quelqu'un s'il vous plaît...ugh...ah...help...ah...eh...
Ugh.
Je laisse échapper un autre gémissement pitoyable. Tout ça est terriblement ridicule. Je n'ai pas fermé l'oeil de toute la nuit.
Je jette un regard à mon réveil. Les chiffres rouges me rappellent cruellement depuis combien de temps je suis éveillé. Il est six heures, bon sang.... du matin.
Ugh.
J'ai l'impression d'avoir quelque chose coincée dans la poitrine, juste sous ma cage thoraxique. Cela m'a dérangé toute la nuit, et j'ai mal. Qu'est-ce qui ne va pas avec moi?
Je soupire, et je me tire hors du lit. Ce dernier ne m'a pas permis de me reposer du tout; je ne vois aucune raison d'y rester plus longtemps. Je vais simplement aller regarder la télé. Peut-être que ça m'endormira.
Vous savez quel est le plus gros inconvénient du programme télé le matin? C'est complètement nul. Vraiment. Il n'y passe que des journalistes excessivement joyeux pour une heure aussi matinale. Franchement, qui voudrait être journaliste télé ? Leurs horaires sont complètement sporadiques ! Est-ce qu'ils obtiennent une assurance de sinistre spéciale déclarant que si jamais ils se font emporter dans un ouragan, la nouvelle station indemniserait leur famille ? Où est-ce qu'ils son tellement heureux de passer à la télé qu'ils n'on même pas pensé à se poser cette question-là... franchement... c'est juste du bon sens.
Gémissement.
Ca ne m'aide pas du tout.
Six heures et quart... Tifa ne tardera probablement pas à se lever. Peut-être qu'elle saura ce qui ne va pas avec moi.
Soupir.
Les présentateurs météo font aussi un réel boucan à propos du temps, vous savez ? Je veux dire, regardez à chaque fois qu'il neige. Je me rappelle avoir lu l'hiver dernier un gros titre s'intitulant 'L'Hiver frappe Edge'. Et bien, c'était juste un putain de mensonge. On a seulement reçu quelques poussières de flocons, tout au plus.
Six heures vingt...
Oh! Et sans mentionner le fait que dès qu'il y a une miniscule quantité de neige et/ou de glace sur la route, les gens ne savent soudainement plus conduire. J'ai frôlé la mort au moins douze fois parce que les gens réagissaient ou excessivement, ou trop lentement.
Six heures vingt-cinq.
Je me demande si leur tasse de café est vraiment remplie de café. Pour que ces gens puissent afficher un si grand sourire à une heure pareille, ça doit probablement être une forme de drogue liquide. Ce n'est pas comme si les gens saints d'esprit étaient déjà debout pour regarder ça, de toute façon.
Six heures trente.
Le temps s'arrête quand on n'arrive pas à dormir, je le jure.
Soupir.
Oh...oh... C'est pas vrai.
Salle de bain... Cours... MAINTENANT!
Mon coude frappe la poignée et je pousse la porte violement. Pour une raison inconnue, les portes sont devenues mes ennemies mortelles. Elles m'ont causé beaucoup de peine récemment, vous avez remarqué?
Mais revenons au présent.
Je ne pense pas que vous souhaitiez connaître les détails graphiques de ce qui vient de se produire.
Disons juste que j'ai eu le droit à un zoom de mes Nouilles Sautées au Poulet de Wutaï que j'ai mangé hier soir. Je savais que nous n'aurions pas du commander chez Wutaï Two.
Je suis complètement maudit. Fils de –
Stoppons cette pensée.
Ugh.
Bordel, je déteste vomir. C'est la chose la plus horrible du monde, sérieusement. Je n'arrive pas à me rappeler de la dernière fois que j'ai vomi, et franchement, je n'en ai pas envie. Enfin au moins, je comprends maintenant ce que signifiait cette douleur dans ma cage thoraxique.
Accroche-toi. Essaie de vider ton estomac... encore une fois.
Ma tête se penche sans grâce au-dessus de la cuvette. Je déteste vomir... Mais je n'ai pas assez d'énergie pour relever la tête. J'en ai à peine suffisamment pour pouvoir déverser le contenu de mon estomac dans les toilettes.
UGH.
“Cloud?”
Je tourne péniblement les yeux; c'est Tifa.
“Ugh.”
“Cloud, qu'est-ce qui ne va pas?” me demande-t-elle en s'agenouillant à mon niveau.
Je ne réponds pas, et me contente de retourner la tête vers la cuvette pour laisser mon estomac me jouer ses tours sournois et cruels.
“Oh! Oh Cloud...” elle place une main sur mon dos alors que je termine.
Elle tire la chasse dos, puis me lève le menton d'une main. Elle presse sa main contre mon visage, c'est doux et tiède. Je crois que je délire un peu.
Attendez... ce n'est pas son pyjama...
Hé mais une seconde! J'étais à la recherche de ce T-shirt!
Oh super, pas encore une fois.
“Eck...” Tifa marmonne alors que j'ai un nouveau haut-le-coeur au-dessus des toilettes. “Oh Cloud, qu'est-ce qu'on va faire de toi?”
Je l'entends qui s'en va, et j'aimerai protester, mais je ne suis pas en position de parler... encore moins de bouger. J'ai peur que mon estomac me trahisse à nouveau si j'ouvre la bouche.
L'instant d'après, une couverture se retrouve sur mes épaules nues, et Tifa l'enroule autour de moi. Je lui jette un coup d'½il, et elle me sourit tristement tandis qu'elle s'installe à côté de moi.
“On va devoir rester ici un moment, n'est-ce pas?” me demande-t-elle.
Je cligne des yeux en guise réponse.
Elle me frotte le dos alors que je reste figé, non pas parce que je sens le danger immédiat de vomir à nouveau, mais plutôt parce que je crains que si je fais un mouvement, je pourrais l'enclencher.
“De l'o?” Mon Dieu ce que ça sonnait pathétique.
Elle fronce légèrement les sourcils, “Juste un petit peu, d'accord?”
“Mmph.”
Elle en prend du robinet, et je bois avec reconnaissance. J'ai vraiment envie de me brosser les dents par contre.
Je déteste vomir nom de Dieu!
Il est huit heures et demi lorsque je vomis à nouveau.
Mais après ça, Tifa décide de m'aider lentement à me redresser. Elle ne veut plus que je reste assis par terre, et elle pense que maintenant que mon estomac est vide, je pourrai peut-être aller dormir. Elle me traîne dans sa chambre, plus proche, et me pousse sur le lit. Je tombe lourdement dessus alors que la couverture qu'elle m'a apportée plus tôt pend encore sur mes épaules.
“Viens-là, grand malade.” Déclare-t-elle en s'asseyant le dos contre la tête du lit.
Je roule et pose ma tête sur son ventre, ce qui est exactement ce qu'elle avait planifié... ou du moins, c'est ce que j'avais planifié.
Le soulèvement lent et régulier de son ventre n'arrive pas à m'endormir, mais parvient à me faire sombrer dans un état d'esprit paisible. Elle glisse ses doigts dans mes cheveux et fredonne doucement, quelques mots s'échappant de ses lèvres de temps en temps. Je ne reconnais pas la mélodie, mais c'est apaisant.
Mes yeux s'ouvrent. Dix heures et demi. Dois m'être endormi. Mes yeux se lèvent vers l'endroit où Tifa est assise. Elle est encore éveillée, et je ne pense pas qu'elle ait dormi du tout.
Je lui lance un petit sourire, et elle me sourit en retour.
Oh putain de merde.
Je roule rapidement hors du lit en prenant Tifa par surprise, puis titube vers la porte.
Je recommence à vomir...puis suis attaqué par des hoquets secs.
Les hoquets secs font vraiment chier!
Tifa est à nouveau debout derrière moi, et je termine ma besogne en respirant lourdement. Qui aurait cru que vomir m'achèverait ? Bon sang, peu importe ce que c'est, j'espère que ça ne durera pas longtemps. Je me sens misérable, là !
Midi et demi.
Tifa m'a allongé sur le canapé, et j'ai hoché la tête une ou deux fois, mais je suis inquiet. J'ai vomi en moyenne toutes les deux heures, et je m'attends maintenant à ce que ça m'arrive à nouveau.
Tifa a prévenu Marlène et Denzel, et ils m'ont tous les deux demandé si ils pouvaient faire quelque chose pour moi. Je les ai juste regardé un instant puis ai grogné. L'instant d'après, ils n'étaient plus là.
Deux heures et demie.
Tifa est parvenue à me faire manger quelques biscuits et boire deux gorgées de jus de fruit.
Je me suis endormie à nouveau et quand je me suis réveillée, Chester, le nounours de Marlène, était coincé au creux de mon bras. Comme je n'ai pas ressenti le besoin de l'enlever, il est resté mon companion de guerre dans mes moments de souffrances.
Oh la douleur! Je ne ressens pas l'imminent danger de vomir à nouveau, donc ce problème-là a au moins été réglé. Mais j'ai mal.. Mal au coeur. Mes os me font souffrir. Je devrais boire du lait, mais je déteste le lait. On dit que le lait est bon pour les os. Peut-être que si je bois un peu de lait, alors, peut-être que je me sentirais mieux.
'Ce n'est pas comme ça que ça marche idiot.'
Qu'est-ce qe c'était?!
Chester? Est-ce que tu me parles?
Silence.
Je jette un ½il autour de la pièce, paranoïaque. Super, maintenant je suis malade, souffrant et j'ai des hallucinations ! Quelle super journée s'est devenue !
Quatre heures et quart.
Ugh.
J'ai actuellement le visage plongé dans le lit, comme si je l'embrassais, et Chester est piégé sous mon bras. Le sommeil ne vient toujours pas, même si je me demande encore comment c'est possible. Je n'ai pas dormi depuis... et bien... depuis vraiment longtemps... Je ne peux vraiment pas faire des maths maintenant ! Mes os me font mal!
J'ai au moins pu me brosser les dents.
Tifa est assise sur le lit à côté de moi, elle soupire. Elle est de nouveau entrain de passer ses doigts dans mes cheveux, et je ferme les yeux. C'est une bonne chose que Marlène et Denzel sachent en grande partie s'occuper d'eux tous seuls, parce que cette journée serait encore pire si Tifa n'était pas là.
J'aimerais juste que quelqu'un me sorte de ma misère.
Vous connaissez les chocobos? On les tue, vous savez, quand ils se cassent une patte. C'est moins cher, et ils ne sont en plus pas certains de totalement guérir après le traitement médical. C'est pourquoi on prétend tuer ses maudites de choses par pure clémence.
Voilà ce que je suis... un pauvre chocobo.
Que quelqu'un tue le pauvre chocobo, s'il vous plaît.
'Bon sang, il doit vraiment être malade pour s'appeler lui-même un chocobo. A chaque fois que je l'appelais come ça, il me jetait une chaussure à la figure.'
Que quelqu'un ait pitié de moi et me tire dessus.
'On ne peut pas te tuer! Qu'est-ce que tu dis de ça... Je vais te tirer dans le pied... avec un arc et une flèche... sais pas si ça va t'aider... mais c'est une forme de pitié, pas vrai ?'
Si tu ne veux pas me tuer, est-ce que quelqu'un pourrait tuer la voix moqueuse qui n'arrête pas de parler s'il vous plaît ?!
S'il-vous-plaît!
'Ne t'inquiète pas, Cloud... Je vais le tuer pour toi.'
'Hé! C'est pas moi le pauvre chocobo, là! C'est lui!'
“Cloud, tu te sens un peu mieux?” me demande Tifa de quelque part au dessus de moi.
J'ouvre difficilement un oeil.
“Mmmph.” C'est la seule réponse que je parviens à bourdonner.
Elle me sourit, "Quoi que tu dises, Cloud."
... Elle ne me comprend pas... hmmm... ça pourrait éventuellement tourner en ma faveur... D'accord, elle n'aura peut-être aucune idée de ce que je dis... mais ça ne veut pas dire que je ne l'aurais pas dit. Ouai, Vincent va devoir s'y faire !
"Eff..."
Elle lève la tête.
Elle rit, "D'accord Cloud. Bien sûr."
Hmm... elle ne réalise même pas que je viens de dire son nom.
'C'est l'heure d'aller te coucher, Cloud.'
Les voix disent des choses normales maintenant...
Un silence absolu s'ensuit, puis j'entends le bruit d'une goutte d'eau qui tombe.
“Dors bien”, déclare Tifa en m'embrassant sur les lèvres.
"Eff..." murmuré-je péniblement tandis que mes yeux se ferment, "Me d'em."
Puis tout devient merveilleusement sombre.




