Chap 33 DoBM: Ayez pitié du Pauvre Chocobo

Chap 33 DoBM: Ayez pitié du Pauvre Chocobo
Diaries of a Broken Man (VO chapitre 33)

Chapitre 33: Ayez Pitié du Pauvre Chocobo

"Cloud! Téléphone!"

Je lève les yeux de mes cartes et jette un coup d'oeil derrière mon épaule. Tifa est entrain de m'appeler. Je me lève doucement et me dirige vers le bureau. Elle me sourit et me regarde attentivement tandis que je rentre.

"Quoi?"

"Rien du tout," déclare-t-elle, la main sur le combiné."C'est Vincent, encore une fois. Ca doit être la sixième fois qu'il appelle en deux semaines... peut-être que Marlène avait raison. Peut-être qu'il avait juste besoin d'une étreinte."

Je lui prend le combiné des mains, "J'en doute."

Elle rit et sort de la pièce tandis que je porte le téléphone à mon oreille.

"Non." Déclaré-je.

"Cloud, ça fait deux semaines."

"Et? Ecoute, je t'ai dit que je te prouverais que j'ai confiance en moi... pas que j'irais lui dire... enfin, pas juste comme ça." Lui dis-je.

Franchement, je crois que tout cela l'amuse.

"Cloud... tu me déçois."

"Va prendre un bambin dans tes bras espèce de clown morbide." Les mots glissent de ma bouche avant que je ne puisse même y réfléchir.

Attendez, est-ce que ce n'est pas comme ça que me suis enfourné dans tout ça ?

"...Je comprends le 'morbide'. Mais pourquoi 'clown', Cloud?"

"En quatre mots, Vincent. Grosses. Chaussures. Dorées. Pointues." Je ne me retiens pas.
Franchement, comment peut-on ne pas être un clown avec des chaussures pareilles ?

"... C'étaient les seules qui allaient avec le gant." Etrangement, sa voix semble mortellement sérieuse.

D'accord, Je ne parlerai pas de mode avec Vincent.

"Au revoir, Vincent."

"Ma foi en toi est au niveau deux."

"Tu as autant confiance en moi?"

"...moins trois."

Click!

Stupide clown morbide.

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Ugh...

Bleah...

Ech...

Uhhhhhhh...

Quelqu'un s'il vous plaît...ugh...ah...help...ah...eh...

Ugh.

Je laisse échapper un autre gémissement pitoyable. Tout ça est terriblement ridicule. Je n'ai pas fermé l'oeil de toute la nuit.

Je jette un regard à mon réveil. Les chiffres rouges me rappellent cruellement depuis combien de temps je suis éveillé. Il est six heures, bon sang.... du matin.

Ugh.

J'ai l'impression d'avoir quelque chose coincée dans la poitrine, juste sous ma cage thoraxique. Cela m'a dérangé toute la nuit, et j'ai mal. Qu'est-ce qui ne va pas avec moi?

Je soupire, et je me tire hors du lit. Ce dernier ne m'a pas permis de me reposer du tout; je ne vois aucune raison d'y rester plus longtemps. Je vais simplement aller regarder la télé. Peut-être que ça m'endormira.

Vous savez quel est le plus gros inconvénient du programme télé le matin? C'est complètement nul. Vraiment. Il n'y passe que des journalistes excessivement joyeux pour une heure aussi matinale. Franchement, qui voudrait être journaliste télé ? Leurs horaires sont complètement sporadiques ! Est-ce qu'ils obtiennent une assurance de sinistre spéciale déclarant que si jamais ils se font emporter dans un ouragan, la nouvelle station indemniserait leur famille ? Où est-ce qu'ils son tellement heureux de passer à la télé qu'ils n'on même pas pensé à se poser cette question-là... franchement... c'est juste du bon sens.

Gémissement.

Ca ne m'aide pas du tout.

Six heures et quart... Tifa ne tardera probablement pas à se lever. Peut-être qu'elle saura ce qui ne va pas avec moi.

Soupir.

Les présentateurs météo font aussi un réel boucan à propos du temps, vous savez ? Je veux dire, regardez à chaque fois qu'il neige. Je me rappelle avoir lu l'hiver dernier un gros titre s'intitulant 'L'Hiver frappe Edge'. Et bien, c'était juste un putain de mensonge. On a seulement reçu quelques poussières de flocons, tout au plus.

Six heures vingt...

Oh! Et sans mentionner le fait que dès qu'il y a une miniscule quantité de neige et/ou de glace sur la route, les gens ne savent soudainement plus conduire. J'ai frôlé la mort au moins douze fois parce que les gens réagissaient ou excessivement, ou trop lentement.

Six heures vingt-cinq.

Je me demande si leur tasse de café est vraiment remplie de café. Pour que ces gens puissent afficher un si grand sourire à une heure pareille, ça doit probablement être une forme de drogue liquide. Ce n'est pas comme si les gens saints d'esprit étaient déjà debout pour regarder ça, de toute façon.

Six heures trente.

Le temps s'arrête quand on n'arrive pas à dormir, je le jure.

Soupir.

Oh...oh... C'est pas vrai.

Salle de bain... Cours... MAINTENANT!

Mon coude frappe la poignée et je pousse la porte violement. Pour une raison inconnue, les portes sont devenues mes ennemies mortelles. Elles m'ont causé beaucoup de peine récemment, vous avez remarqué?

Mais revenons au présent.

Je ne pense pas que vous souhaitiez connaître les détails graphiques de ce qui vient de se produire.

Disons juste que j'ai eu le droit à un zoom de mes Nouilles Sautées au Poulet de Wutaï que j'ai mangé hier soir. Je savais que nous n'aurions pas du commander chez Wutaï Two.

Je suis complètement maudit. Fils de –

Stoppons cette pensée.

Ugh.
Bordel, je déteste vomir. C'est la chose la plus horrible du monde, sérieusement. Je n'arrive pas à me rappeler de la dernière fois que j'ai vomi, et franchement, je n'en ai pas envie. Enfin au moins, je comprends maintenant ce que signifiait cette douleur dans ma cage thoraxique.

Accroche-toi. Essaie de vider ton estomac... encore une fois.

Ma tête se penche sans grâce au-dessus de la cuvette. Je déteste vomir... Mais je n'ai pas assez d'énergie pour relever la tête. J'en ai à peine suffisamment pour pouvoir déverser le contenu de mon estomac dans les toilettes.

UGH.

“Cloud?”

Je tourne péniblement les yeux; c'est Tifa.

“Ugh.”

“Cloud, qu'est-ce qui ne va pas?” me demande-t-elle en s'agenouillant à mon niveau.

Je ne réponds pas, et me contente de retourner la tête vers la cuvette pour laisser mon estomac me jouer ses tours sournois et cruels.

“Oh! Oh Cloud...” elle place une main sur mon dos alors que je termine.

Elle tire la chasse dos, puis me lève le menton d'une main. Elle presse sa main contre mon visage, c'est doux et tiède. Je crois que je délire un peu.

Attendez... ce n'est pas son pyjama...

Hé mais une seconde! J'étais à la recherche de ce T-shirt!

Oh super, pas encore une fois.

“Eck...” Tifa marmonne alors que j'ai un nouveau haut-le-coeur au-dessus des toilettes. “Oh Cloud, qu'est-ce qu'on va faire de toi?”

Je l'entends qui s'en va, et j'aimerai protester, mais je ne suis pas en position de parler... encore moins de bouger. J'ai peur que mon estomac me trahisse à nouveau si j'ouvre la bouche.

L'instant d'après, une couverture se retrouve sur mes épaules nues, et Tifa l'enroule autour de moi. Je lui jette un coup d'½il, et elle me sourit tristement tandis qu'elle s'installe à côté de moi.

“On va devoir rester ici un moment, n'est-ce pas?” me demande-t-elle.

Je cligne des yeux en guise réponse.

Elle me frotte le dos alors que je reste figé, non pas parce que je sens le danger immédiat de vomir à nouveau, mais plutôt parce que je crains que si je fais un mouvement, je pourrais l'enclencher.

“De l'o?” Mon Dieu ce que ça sonnait pathétique.

Elle fronce légèrement les sourcils, “Juste un petit peu, d'accord?”

“Mmph.”

Elle en prend du robinet, et je bois avec reconnaissance. J'ai vraiment envie de me brosser les dents par contre.

Je déteste vomir nom de Dieu!

Il est huit heures et demi lorsque je vomis à nouveau.

Mais après ça, Tifa décide de m'aider lentement à me redresser. Elle ne veut plus que je reste assis par terre, et elle pense que maintenant que mon estomac est vide, je pourrai peut-être aller dormir. Elle me traîne dans sa chambre, plus proche, et me pousse sur le lit. Je tombe lourdement dessus alors que la couverture qu'elle m'a apportée plus tôt pend encore sur mes épaules.

“Viens-là, grand malade.” Déclare-t-elle en s'asseyant le dos contre la tête du lit.

Je roule et pose ma tête sur son ventre, ce qui est exactement ce qu'elle avait planifié... ou du moins, c'est ce que j'avais planifié.

Le soulèvement lent et régulier de son ventre n'arrive pas à m'endormir, mais parvient à me faire sombrer dans un état d'esprit paisible. Elle glisse ses doigts dans mes cheveux et fredonne doucement, quelques mots s'échappant de ses lèvres de temps en temps. Je ne reconnais pas la mélodie, mais c'est apaisant.

Mes yeux s'ouvrent. Dix heures et demi. Dois m'être endormi. Mes yeux se lèvent vers l'endroit où Tifa est assise. Elle est encore éveillée, et je ne pense pas qu'elle ait dormi du tout.

Je lui lance un petit sourire, et elle me sourit en retour.

Oh putain de merde.

Je roule rapidement hors du lit en prenant Tifa par surprise, puis titube vers la porte.

Je recommence à vomir...puis suis attaqué par des hoquets secs.

Les hoquets secs font vraiment chier!

Tifa est à nouveau debout derrière moi, et je termine ma besogne en respirant lourdement. Qui aurait cru que vomir m'achèverait ? Bon sang, peu importe ce que c'est, j'espère que ça ne durera pas longtemps. Je me sens misérable, là !

Midi et demi.

Tifa m'a allongé sur le canapé, et j'ai hoché la tête une ou deux fois, mais je suis inquiet. J'ai vomi en moyenne toutes les deux heures, et je m'attends maintenant à ce que ça m'arrive à nouveau.

Tifa a prévenu Marlène et Denzel, et ils m'ont tous les deux demandé si ils pouvaient faire quelque chose pour moi. Je les ai juste regardé un instant puis ai grogné. L'instant d'après, ils n'étaient plus là.

Deux heures et demie.

Tifa est parvenue à me faire manger quelques biscuits et boire deux gorgées de jus de fruit.

Je me suis endormie à nouveau et quand je me suis réveillée, Chester, le nounours de Marlène, était coincé au creux de mon bras. Comme je n'ai pas ressenti le besoin de l'enlever, il est resté mon companion de guerre dans mes moments de souffrances.

Oh la douleur! Je ne ressens pas l'imminent danger de vomir à nouveau, donc ce problème-là a au moins été réglé. Mais j'ai mal.. Mal au coeur. Mes os me font souffrir. Je devrais boire du lait, mais je déteste le lait. On dit que le lait est bon pour les os. Peut-être que si je bois un peu de lait, alors, peut-être que je me sentirais mieux.

'Ce n'est pas comme ça que ça marche idiot.'

Qu'est-ce qe c'était?!

Chester? Est-ce que tu me parles?

Silence.

Je jette un ½il autour de la pièce, paranoïaque. Super, maintenant je suis malade, souffrant et j'ai des hallucinations ! Quelle super journée s'est devenue !

Quatre heures et quart.

Ugh.

J'ai actuellement le visage plongé dans le lit, comme si je l'embrassais, et Chester est piégé sous mon bras. Le sommeil ne vient toujours pas, même si je me demande encore comment c'est possible. Je n'ai pas dormi depuis... et bien... depuis vraiment longtemps... Je ne peux vraiment pas faire des maths maintenant ! Mes os me font mal!

J'ai au moins pu me brosser les dents.

Tifa est assise sur le lit à côté de moi, elle soupire. Elle est de nouveau entrain de passer ses doigts dans mes cheveux, et je ferme les yeux. C'est une bonne chose que Marlène et Denzel sachent en grande partie s'occuper d'eux tous seuls, parce que cette journée serait encore pire si Tifa n'était pas là.

J'aimerais juste que quelqu'un me sorte de ma misère.

Vous connaissez les chocobos? On les tue, vous savez, quand ils se cassent une patte. C'est moins cher, et ils ne sont en plus pas certains de totalement guérir après le traitement médical. C'est pourquoi on prétend tuer ses maudites de choses par pure clémence.

Voilà ce que je suis... un pauvre chocobo.

Que quelqu'un tue le pauvre chocobo, s'il vous plaît.

'Bon sang, il doit vraiment être malade pour s'appeler lui-même un chocobo. A chaque fois que je l'appelais come ça, il me jetait une chaussure à la figure.'

Que quelqu'un ait pitié de moi et me tire dessus.

'On ne peut pas te tuer! Qu'est-ce que tu dis de ça... Je vais te tirer dans le pied... avec un arc et une flèche... sais pas si ça va t'aider... mais c'est une forme de pitié, pas vrai ?'

Si tu ne veux pas me tuer, est-ce que quelqu'un pourrait tuer la voix moqueuse qui n'arrête pas de parler s'il vous plaît ?!

S'il-vous-plaît!

'Ne t'inquiète pas, Cloud... Je vais le tuer pour toi.'

'Hé! C'est pas moi le pauvre chocobo, là! C'est lui!'

“Cloud, tu te sens un peu mieux?” me demande Tifa de quelque part au dessus de moi.

J'ouvre difficilement un oeil.

“Mmmph.” C'est la seule réponse que je parviens à bourdonner.

Elle me sourit, "Quoi que tu dises, Cloud."

... Elle ne me comprend pas... hmmm... ça pourrait éventuellement tourner en ma faveur... D'accord, elle n'aura peut-être aucune idée de ce que je dis... mais ça ne veut pas dire que je ne l'aurais pas dit. Ouai, Vincent va devoir s'y faire !

"Eff..."

Elle lève la tête.

Elle rit, "D'accord Cloud. Bien sûr."

Hmm... elle ne réalise même pas que je viens de dire son nom.

'C'est l'heure d'aller te coucher, Cloud.'

Les voix disent des choses normales maintenant...

Un silence absolu s'ensuit, puis j'entends le bruit d'une goutte d'eau qui tombe.

“Dors bien”, déclare Tifa en m'embrassant sur les lèvres.

"Eff..." murmuré-je péniblement tandis que mes yeux se ferment, "Me d'em."

Puis tout devient merveilleusement sombre.

# Posté le samedi 28 avril 2007 18:56

3 Mai: Joyeux Anniversaire Tifa!

3 Mai: Joyeux Anniversaire Tifa!
Je sais, je suis en retard... enfin je poste d'abord l'image. Petit one-shot à venir ^^

# Posté le samedi 05 mai 2007 19:05

Chap 34 DoBM: Quand l'Amour a Commencé

Chap 34 DoBM: Quand l'Amour a Commencé
Diaries of a Borken Man (VO chapitre 34)

Quand l'Amour a Commencé

“...oud...Cloud!”

Je sursaute et tressaille, quelqu'un me tapote dans le dos.

“Cloud! Hey, Cloud... réveille-toi!”

Je grogne en me roulant sur le côté, les draps enroulés autour de mes jambes, puis j'ouvre les yeux lentement.

“Cl-oud... Maiiis, ça prend un temps fou de te réveiller, pourquoi tu ne veux pas?”

J'identifie une petite tête à côté de mon lit, puis l'étudie. “Marlène?”

“Salut Cloud! Enfin! Comment tu te sens?”

Je suis dérouté, “Bien... enfait, je me sens même très bien...”

“Et bien, tu devrais après tout le temps où tu es resté endormi, monsieur.”

“Quoi?”

“Tu dors depuis... disons... un jour et demi.”

Je cligne des yeux. “Huh?”

“Tu m'as très bien entendu, Cloud. Tifa a dit que tu t'étais levé deux fois pour aller dans la salle de bain, mais elle jure que tes yeux n'étaient même pas ouverts. Tout ce que je sais, c'est qu'elle n'arrêtait pas de marmonner 'Il ferait mieux de pas manquer'... mais je n'ai vraiment aucune idée de ce dont elle parlait.”

Je ferais mieux de ne pas...oh...OH...

“C'est bon, Marlène...” déclaré-je, “Est-ce que tu avais besoin de quelque chose?”

“Voilà!” Elle me tend le téléphone.

Elle avait ça dans la main pendant tout ce temps?

“Um...”

“C'est papa! Il veut te parler!”

Bon sang, est-ce que je ne peux pas avoir un peu de paix et de silence ici?

Je prends le téléphone à contre coeur, “Merci. Allô?”

“Spike!”

Mon oreille! Zut, je sais que je vais mieux, mais...Ow.

“Salut Barret.”

“Ecoute, Vince a les nerfs contre toi, et puis bein... j'imagine qu'on sait tous pourquoi.”

“Alors il n'appellera pas?”

“Hé, j'ai appris pour cette histoire de clown morbide. Moi aussi j'aurais les nerfs, à sa place.”

“Alors comment est-ce que je dois t'appeler, toi, pour que tu arrêtes de m'appeller?”

“Ferme-là espèce de fils-

“D'accord, j'ai compris l'idée. Qu'est-ce que tu veux?”

“Est-ce que ça vaut vraiment le coup de demander, Cloud, franchement?”

Oh, tu dois rire!

“–...” Attends... attends une seconde... “Oui.”

Un moment de silence passe, et je peux entendre la respiration régulière de Barret tandis qu'il enregistre lentement l'information.

Ca se pourrait bien qu'on reste assis comme ça longtemps, les copains.

“Wahhhoooo! Bordel de merde! Je savais que t'y arriverais finalement! Woo! Il faut que j'lui parle...laisse-moi lui parler, putain, laisse-moi lui parler!”

Oh ... bon sang...

“Um...ouai...à propos de ça...” commencé-je lentement.

Le volume de sa voix retombe immédiatement, “Quoi, elle ne t'aime pas, elle?”

“Non, c'est pas ça...”

“Spike... est-ce que tu lui as vraiment dit?”

“...Oui.”

“...est-ce qu'elle a compris ce que tu lui disais?” Bordel...ça venait vraiment de Barret? Comment est-ce qu'il a saisi aussi rapidement?

“Um...”

Un lourd soupir se fait entendre, “Spike! Bordel, mec! Et dire que j'étais là, tout réjoui... quelle petite fouine tu fais! Je devrais venir au bar et le lui dire moi-même! Puis voir comment tu gères le coup après, toi la sacré petite fouine punk à pic!”

“Barret, calme-toi.”

“Marlène m'a dit que t'étais malade, mais j'avais pas réalisé que t'étais malade à c'point.”

Bon, ça, c'était bas. “Barret, c'est juste...”

Barret soupire, “J't'ai entendu, mec... J't'ai entendu... et t'inquiète pas à propos de ce maudit vampire solitaire... Je vais te l'enlever du dos.”

“Je ne vois pas pourquoi il est si intéressé, franchement.”

“Je suppose qu'il ne veut pas que tu fasses la même erreur que lui... tu vois? La perdre et tout. Ca se peut qu'il agisse comme s'il avait pas d'c½ur, mais regardons les choses en face... derrière ses yeux rouges et ses griffes à l'allure mortelle-

“et ses chaussures.”

“-il a un bon vieux gros coeur tout doux.” Barret laisse échapper un rire bruyant, “Tu sais qu'il est rien d'autre qu'un bon gros coeur d'artichaut, hein?”

“Enfait... c'est pas vraiment l'impression que j'ai eu, Barret. Mais je vais garder ça en tête, merci.”

“Hé hé hé... pas d'quoi, mec... pas d'quoi... Bon maintenant, laisse-moi parler à mon petit bébé. Je dois dire aurevoir à mon petit-

Le téléphone a déjà été placé dans les mains de Marlène. Je ne me sens vraiment pas le courage d'écouter Barret jacasser sur sa fille. Marlène sourit tandis qu'elle porte le téléphone à son oreille, et commence à débiter un profond discours en répétant à quel point il est le meilleur papa du monde, et oh comme elle l'aime et est pressée qu'il revienne, et comment il ne devrait pas s'inquiéter parcequ'elle fera tout pour que Cloud dit à Tifa qu'il l'aime.'

...attendez...

...oh...bon sang...

Bordel! A chaque fois! Pourquoi est-ce que ces gens ne peuvent-ils pas juste laisser couler ?! Et maintenant Marlène le sait ? Que... Qu'est-ce que... oh... Pu-

“Whoa! Wahh!” Un cri enfantin se fait entendre dans les escaliers.

Crash! Bam! Thwack!

“Denzel!” crie Tifa.

Denzel?!

Je jaillis de mon lit, puis m'écrase face contre terre, les draps encore enroulés autour de mes jambes. Mais je suis debout en moins d'une seconde, et je me précipite hors de la chambre, Marlène sur les talons, serrant le téléphone entre ses mains.

“Denzel! Denzel!” est entrain de hurler Tifa.

J'arrive miraculeusement à tracer mon chemin jusqu'au bas des marches, avec les draps et tout, et je pénétre dans le bar en courant. Chaos total.

Un tabouret est couché sur le sol à côté du foyer, quelques cadres photos sont dispersés sur le sol, de même que quelques verres brisés. Denzel est allongé par terre à côté du désastre, et Tifa est agenouillée à côté de lui.

“Ca... fait... mal...” gémit Denzel tandis que Tifa presse la main sur son front.

“Qu'est-ce qui fait mal, chéri?”

Je me déplace rapidement et m'agenouille à côté de Tifa. Elle me jette un coup d'½il, mais reporte son attention sur Denzel.

Denzel se mord la lèvre tandis qu'il essaie de ravaler ses larmes, “Mon...b-bras...”

Tifa fronce les sourcils en tendant la main.

“Ne le touche pas!” crie Denzel.

“Je ne vais pas le toucher, Denzel, mais je dois le voir.” Tifa garde une voix calme.

“Non! Fais pas ça!”

“Denzel, calme-toi. On ne peut rien faire si on ne sait pas ce qui ne va pas.” Lui dis-je.

Denzel reniffle une ou deux fois, puis remue un peu, un regard interrogateur sur le visage, avant d'hocher doucement la tête.

“D'accord, mais ne le touchez pas.”

“Mais non, d=Denzel.” Tifa se penche en avant, et observe le bras en question.

Je la suis de suite. Nous tendons tous les deux la main; les doigts de Tifa effleurent légèrement le bras de Denzel, mais il ne hurle pas. Elle a un regard morose sur le visage, et moi aussi.

“Cassé.” Marmonne-t-elle.

“De quoi?!” crie Denzel, le regard éperdu.

“Calme-toi, chéri... on va t'arranger ça bientôt.”

Trois heures plus tard, après un petit tour aux urgences et la pose d'un plâtre contraignant et démangeant, nous sommes de retour à la maison. Denzel n'arrête pas de bouder depuis, et ses yeux percent l'arrière de mon crâne... Je peux les sentir, je le jure... et je crois qu'il est entrain d'essayer de forer un trou pour me blesser le cerveau.

Même si je ne sais pas trop pourquoi.

Tifa met les enfants au lit de bonne heure.

“Ca n'est pas juste.” J'entends la voix étouffée de Denzel à travers la porte.

“Je sais, chéri... mais tes actions ont des conséquences.” La voix de Tifa est un doux contraste.

“Comme est-ce que j'étais sensé savoir que c'était le tabouret avec le pied bancal ?”

“Qu'est-ce que tu faisais perché dessus, de toute façon? Tu as cassé des verres, jeune homme, et ne crois pas que tu vas t'en sortir comme ça juste parce que tu t'es cassé le bras.”

Dans ma tête, je peux voir Denzel prendre une mine renfrognée avant de répondre, “Et alors ? C'était pour une juste cause. J'ai vu quelque chose.”

“...Tu as vu quelque chose? Quoi?” demande Tifa.

“S'pas important.” Marmonne Denzel, et je l'entends rouler sur le côté.

Je me retourne et redescend les escaliers, puis me dirige vers le foyer. Tifa a enlevé les verres cassés, puis a couché les cadres endommagés sur le comptoir. J'en saisis un. Il s'agit d'une photo de Barret et Marlène, et le verre est fendu au niveau du torse de Barret.

Je soupire. Qu'est-ce qu'il aurait bien pu voir là haut qui aurait attiré son attention? Une bestiole ? Une souris ? Je ne sais pas. Je secoue la tête tandis que je repose le cadre sur le comptoir. Mes yeux glissent vers les autres cadres. Il y en a un de l'autre côté, en haut du foyer. Il n'a pas l'air d'avoir de pied de support, et il est posé debout contre les briques de la cheminée. Je sens quelque chose se serrer dans ma poitrine.

En écartant le cadre, j'aperçois alors une petite boîte en velour rouge.

Oh... bon sang.

Comment est-ce que j'ai pu oublier ça?

Je saisis la boîte doucement, entre deux doigts. Je me rappelle de ça. Je l'ai acheté... bon sang, je l'ai acheté avant le Météore. Avant Sephiroth. Je l'ai acheté juste après qu'elle m'ait retrouvé à Midgar, toutes ces années auparavant.

Je retourne la boîte dans mes mains et la contemple.

Comment ai-je pu l'oublier? La boîte ne m'a pas quitté pendant... des mois. Je vex dire, je l'avais constamment sur moi, toujours au fond de ma poche... en attente du bon moment, si une telle notion existe. Comment ai-je pu oublier?

Parce que Sephiroth est arrivé, et avec lui, la destinée de la Planète. Et même si je déteste l'admettre, c'était un problème plus pressant que la relation entre Tifa et moi. Poutant, même après le Météore, et après la mort d'Aerith... je l'ai gardé sur moi jusqu'à...

Jusqu'à que j'eusse le Geostigma. C'est ça. Lorsque j'ai eu le Geostigma, je me suis senti comme... comme si je... je savais que j'allais mourir, alors... il n'y avait plus de bon moment. Je l'ai laissée ici. Je ne l'ai pas cachée dans ma chambre, parce que connaissant Denzel et Marlène, et les tours que Yuffie leur a appris, ils l'auraient probablement trouvée. Alors, je l'ai cachée dans un endroit à découvert, trop évident pour qu'on y pense. Ou peut-être... peut-être que j'espérais qu'après ma mort, elle l'aurait trouvée... peut-être que c'est la raison pour laquelle je l'ai cachée dans un endroit à découvert... par vain espoir qu'elle le découvrirait et qu'elle irait me chercher.

Même lorsque j'étais résigné à mourir, j'étais encore attaché à cet endroit... à elle... Je ne pouvais pas renoncer à cet espoir, même si je ne l'avais pas encore réalisé à ce moment-là.

Mais, cependant, comment se fait-il qu'elle ne l'ait pas trouvée?

Ou peut-être qu'elle l'a trouvée... et n'a juste pas voulu y croire.

Bon sang, si je savais.

Mais je pense que je le saurais, si elle l'avait trouvée.

Ou pas?

Ou est-ce que les enfants l'ont trouvée d'abord? Mais ils auraient dit quelque chose, n'est-ce pas? Et ça expliqerait pourquoi Denzel était tellement résolu à savoir ce qu'il y avait là haut... mais peut-être qu'il ne l'a pas trouvée. Peut-être que Marlène l'a trouvée. Mais c'est très flagrant lorsqu'elle sait ce genre de choses.

Je ne sais pas. Je ne sais vraiment pas.

Je me gratte l'arrière du crâne et réfléchis un moment avant d'ouvrir le couvercle.

L'argent lui va très bien, je trouve, mieux que l'or... et à chaque fois que je vois des perles, je pense toujours à elle... et elle est donc ainsi, en argent avec une perle... ce n'est pas grand chose, je veux dire, c'était après l'époque du SOLDAT... et j'étais... du muscle à engager... alors, ce n'est pas comme si j'étais l'homme le plus riche du monde. Il y a encore une petite gravure à l'intérieur de la bague ; un symbole, un cercle entouré de lignes tortueuses enroulées... et les lettres MJ au centre.

Midgar Jewelers (=Joaillers de Midgar). Les boutiques ont été détruites avec le Météore.

Bon sang, j'ai une pièce de collection entre les mains.

J'avais quoi... vingt-et-un ans lorsque je l'ai acheté? Je me gratte encore la tête. Je n'arrive pas à croire que je l'ai achetée... Elle venait juste de me trouver à la station de trains, et déjà, je pensais à ça... peut-être... je ne sais pas. Je ne... sais pas si c'était le bon moment, ne serait-ce que pour penser à quelque chose d'aussi sérieux. Nous étions en plein milieu d'une révolution... Quand était-ce, peut-être six mois après qu'elle m'ait trouvé ? Oui, ça doit être à peu près ça. Six mois après nos retrouvailles, après qu'elle m'ait ramené dans le monde réel... C'est à ce moment-là que je l'ai acheté. Mon Dieu, et j'avais vraiment une grande bouche à ce moment-là, j'étais un putain d'imbécile arrogant.

Je blâme tout sur Zack.

Pourtant, elle m'a supporté. Et je crois... je crois qu'ensuite, j'ai su qu'il n'y aurait probablement personne d'autre pour me supporter.

C'est à ce moment-là que ça a commencé, c'est à ce moment-là que je suis réellement tombé amoureux de Tifa Lockhart.

Je replace la bague dans sa boîte, puis la referme. Un grincement se fait entendre dans les escaliers, et je glisse rapidement la boîte dans ma poche.

“Qu'est-ce que tu fais, Cloud?”

Je me retourne pour voir Tifa debout sur le palier. “Rien...je ne fais que... réfléchir.”

Elle me lance un doux sourire avant de se diriger vers moi.

“A propos de quoi?”

“...” Je n'y peux rien... Tifa est la personne en qui j'ai le plus confiance, mais... je ne suis toujours pas bon pour converser, avec les mots, du moins quand il s'agit de mes pensées.

Particulièrement lorsqu'il s'agit de choses en rapport avec le Météore et tous les événements qui l'entourent.

“Le passé, Cloud?”

“Et le futur.” C'est vrai, le futur aussi.

Elle m'offre un petit sourire, “Et bien, Denzel s'est finalement endormi... après une longue complainte ininterrompue, il s'est finalement fatigué tout seul et s'est endormi. Ca a aussi endormi Marlène... et il m'a presque eu, aussi.”

Je souris légèrement alors que ma main tient la petite boîte au fond de ma poche.

Qu'est-ce qu'ils diraient, Cid et Yuffie, Barret et Vincent, Nanaki et Shera... qu'est-ce qu'ils diraient s'ils apprenaient que j'avais l'intention d'épouser Tifa depuis quatre ou cinq ans maintenant ? Comment réagiraient-ils ? Surtout lorsqu'ils sont ceux-là mêmes qui se sont jetés sur moi pour que je la demande en mariage.

Ca les ferait taire.

“Cloud, tu vas bien?”

Je cligne des yeux, tiré de mes pensées, “Ouai... bien sûr.”

Elle penche un peu la tête, puis plisse les yeux, “Tu es sûr?”

Je soupire légèrement, “Oui, Tifa... J'en suis sûr.”

“C'est une bonne chose que tu sois un si mauvais menteur,” déclare-t-elle en s'éloignant, “Parce que je peux le voir aussi clair que le jour.”

Mes yeux s'écarquillent, “Je ne suis pas un mauvais menteur.”

“Alors tu admets que tu étais entrain de mentir?” demande-telle avec nonchalance.

“Tifa.”

“Alors tu étais entrain de mentir! Je le savais...Qu'est-ce qui ne va pas?” s'enquit-elle en remplissant l'évier d'eau.

“Je ne mens pas.”

“Et bien, tu as quelque chose dans la tête.”

“J'ai toujours quelque chose dans l'a tête, Teef.”

“Oh vraiment, quoi?” demande-t-elle en frottant un verre.

Mes doigts effleurent la boîte une nouvelle fois.

“Toi.” Murmuré-je, et elle ne m'entend pas.

___________________________________________

Je m'excuse du retard... Je n'ai également pas eu le temps de finir mon oneshot, et je vais donc vous prévenir lorsqu'elle sera faite =) En attendant, je continue la traduction de Diaries! A la prochaine^^ (oh, et merci maddle-chan pour toute ces images! *o*)

# Posté le dimanche 13 mai 2007 13:19

Chap 35 DoBM: En Prenant Maintenant le Rôle de Coussin

Chap 35 DoBM:  En Prenant Maintenant le Rôle de Coussin
Diaries of a Broken Man (VO chapitre 35)

Chapitre 35: En Prenant Maintenant le Rôle de Coussin

Je savais que ça serait difficile, avec Denzel dans le plâtre et cetera, mais je n'avais pas imaginé à quel point. Il s'ennuie affreusement. Il peut bien sûr faire des choses, mais pas tout ce qu'il désirerait faire. La plupart du temps, il s'assoit sur le canapé et regarde la télé avec cette expression d'ennui profond sur le visage. Au moins, il dort maintenant.

Je soupire, assis au fond du bar, le dos posé contre le mur. C'est animé ce soir, les clients entrent et sortent, et rient à pleine voix. C'est plus animé qu'un jeudi soir lambda, mais demain est un jour férié, si on considère que l'anniversaire du Météore peut effectivement être un jour férié. Même si tout est fini, même si tout n'a pas été détruit, de nombreuses vies se sont quand même éteintes ce jour-là ; et un plus grand nombre de vies encore fut perdu avant même que le Météore n'entre en scène.

Tout ce qui entoure le Météore était aussi entouré par Sephiroth, et Jénova.

Zack... et Aerith... les habitants du secteur 7, bon sang, les habitants de Midgar en général. Tous ces gens, Nibelheim, Corel; et... ça n'a quand même pas cessé, pas avant que le monde entier ne soit menacé. Pas avant que ça ne devienne quelque chose d'assez énorme pour que tout le monde s'en soucie, au moment où chacune de leur vie était en danger.

Ils célèbrent le fait d'être en vie, mais nous nous lamentons sur ceux que nous avons perdus. Et je crois que nous recherchons tous encore le pardon, celui de tous ces gens dont nous avons causés la mort. C'est une chose que Aerith m'ait pardonné, mais pour ceux à qui je ne peux pas le demander... ? Les gens des Taudis ; et Wedge, Biggs et Jessie.

Cela fait un moment que je n'ai pas pensé à eux, mais je suppose que cet anniversaire amène avec lui son lot de souvenirs.

Je soupire, puis bois doucement le verre de whisky que Tifa m'a versé. Je pince fortement le haut de mon nez en essayant de chasser ces pensées, en essayant de retirer ce poids de mes épaules.

L'alcool ne va pas aider, mais ça ne va pas faire de mal non plus à ce niveau-là... Et ce n'est pas comme si je prévoyais de boire beaucoup, de toute façon. Je soupire encore dans mon verre en jetant un coup d'oeil à Tifa.

Elle a l'air très occupée en ce moment, et je n'arrête pas de lui répéter d'engager quelqu'un, mais elle refuse. Je ne vois pas pourquoi elle ne le ferait pas puisqu'il est évident qu'elle s'en sortirait bien plus facilement avec une aide.

Je suppose qu'elle est aussi bornée que moi.

Je change de position puis cogne légèrement la tête contre le mur.

Elle m'a réprimandé parce que je ruminais, mais je ne peux pas m'empêcher d'être d'humeur aigre. Je suis entrain de prendre une autre gorgée de whisky au moment où je réalise que j'ai une mine noire.

Je lève à nouveau les yeux; Tifa s'est détournée du comptoir, et elle fait la vaisselle pendant qu'elle en a le temps. Elle a été d'humeur assez sombre récemment... et je suppose que c'est pour les mêmes raisons que moi.

Je m'apprête à prendre une autre gorgée de ma boisson, mais m'arrête avant que le verre ne touche mes lèvres.

Qu'est-ce que ce mec essaie de faire exactement ?

Il est largement penché au-dessus du comptoir, et ses mains effleurent le tiroir de la caisse.
Qu'est-ce qu'il pense pouvoir faire de toute façon? Le tiroir est ferm-

Oh...non, il n'est pas fermé.

L'homme se penche un peu plus, un peu plus désespérément maintenant que l'argent se trouve à quelques centimètres de sa main.
Oh cette espèce de rat, ce voleur! Seule Yuffie possède la capacité de faire ça et de s'en tirer tranquillement !

...Ou du moins, elle pense avoir la capacité de s'en tirer tranquillement.

Néanmoins, je vais attendre que cet homme touche l'argent avant de l'attaquer. Attendez, c'est vrai, personne ne regarde ; ne vous en faites pas, ça va... c'est ça, c'est ça.

BAM! CHING!

J'ai falli recracher ma boisson en ricanant.

L'expression sur le visage de l'homme est inestimable au moment où ses yeux s'écarquillent, et que son visage devient rouge, et qu'il se fige; la douleur est inscrite sur tout son visage.

Aucun de nous deux n'avait remarqué Tifa, dos au bar, entrain de lever la jambe pour fermer la caisse d'un coup de pied sec. Ce dernier était tellement puissant que même la sonnette de la caisse a retenti.

Et la caisse n'est toujours pas fermée, parce que la main de l'homme est encore dedans.

Enlève-la, mec... elle va... enlève-la!

Bam! CHING! Bam! CHING! Bam! Ching! BAM! CHING!

Il et possible qu'il y ait aussi eu un craquement, là.

La dernière cloche retentit longuement, et je regarde attentivement tandis que l'homme baisse lentement la tête à chaque coup tout en mordant son autre main pour s'empêcher de crier.

Oh la scène est inestimable, et je suis encore entrain de me demander si Tifa sait ce qu'elle fait, ou si elle a simplement une chance miraculeuse.

L'homme retire lentement sa main alors que le pied de Tifa se lève une fois de plus pour donner un ultime coup au tiroir avant que celui-ci ne se ferme pour de bon. Elle se retourne tandis qu'elle essuie un verre, et marmonne:

“Ce satané tiroir s'est encore coincé.”

Je manque de recracher ma boisson en entendant son commentaire.

L'homme tourne les talons, et commence à sortir du bar.

“Hey,” aboie Tifa, “Vous ne comptez pas payer votre verre?”

L'homme s'arrête, se retourne doucement, entreprend de sortir de l'argent de sa poche avec sa bonne main, puis le place sur le comptoir.

“Gardez la monnaie...” murmure-t-il d'une voix enrouée, suant et halentant, avant de se diriger vers la sortie.

Tifa fronce les sourcils, l'air perplexe, avant d'hausser les épaules et de retourner servir un client.

Il est tard lorsque le bar se vide enfin, une heure plus tard que la normale. Je prends les enfants sous ma responsabilité ; dîner, bain, divertissement, puis couchage. Je suis épuisé lorsqu'ils s'endorment finalement. Aucun des deux ne voulaient aller au lit à cause du bruit en bas. De la solidarité, disent-ils. Je me demande vaguement si ils connaissent au moins la raison de tout ce vacarme. Tout ce qu'ils savent, c'est qu'ils n'ont pas école le lendemain, et ça leur va très bien.

Et ceci est aussi inclus dans leur grand argument pour qu'on les laisse rester debout jusqu'à une heure plus tardive.

Ce qu'ils font.

J'aide Tifa à ranger le bar en soupirant. Nous travaillons en silence, moi m'échinant devant le bar, et elle, derrière.

Je termine ce qu'elle veut que je fasse, et je lui demande si elle veut que je fasse quelque chose d'autre, et elle me renvoit... et me dit d'aller me coucher.

Ce que je ne fais pas.

Je m'étire sur le canapé en baillant encore une fois. Demain sera une longue journée. Tous les autres ont leur jour de congé, mais pas moi. Après tout, avec l'anniversaire, les gens vont vouloir faire livrer des choses sur les tombes et les mémoriaux, ou pour les membres de la famille, plus généralement.

Je devrais vraiment aller me coucher, mais je ne suis pas encore prêt à dormir.

Il y a un grand poids qui pèse sur moi et sur Tifa, je peux le sentir, et je devine qu'elle aussi. C'est pourquoi je ne veux pas la laisser seule.

J'effleure la boîte de velours dans ma poche tandis que mes pensées vagabondent, et je baille encore en fermant les yeux.

Ne t'endors pas, ne t'endors pas, me dis-je à moi-même, et continue de te repasser l'image de Tifa entrain de détruire la main de ce voleur encore, et encore, et encore.

Ca va m'occuper pendant un moment, et je lui ferai peut-être savoir ce qu'elle a fait.

Je ne l'entends même pas entrer dans la pièce; je sens juste quelque chose s'appuyer sur mon estomac. J'ouvre un ½il, doucement, puis baisse le regard vers sa tête posée sur mon ventre coussin. Son menton est pressé contre mon nombril, et ses yeux sont cachés par le rideau de cheveux qui tombe devant son visage.

Je commence à tendre la main pour glisser mes doigts dans ses cheveux, mais je m'arrête.

Oh, oh non...Tifa...

“Tifa,” son nom s'échappe à peine de mes lèvres.

Elle ne me répond pas; elle enfonce juste un peu plus son visage en lovant son nez dans mes entrailles.

“Tifa,” répété-je, et j'avale ma salive.

Se souvenir, c'est difficile pour chacun d'entre nous. Je... A un certain moment, durant le Geostigma, je n'ai pensé qu'à ma propre souffrance, ma propre culpabilité... et pas à celles de mes amis ; de ma famille.

Mais c'est le plus difficile, non? D'assumer la culpabilité et la souffrance des autres.

“Tifa,” Elle ne lève toujours pas les yeux.

Je ne sais pas pourquoi elle a tellement peur de me montrer ses larmes, et on ne peut pas nier qu'elle pleure. Silencieusement, peut-être, et doucement, mais des larmes sont des larmes.

Et elle ne devrait pas avoir à pleurer, pas lorsque je suis là.

Et elle ne va pas essayer de dire qu'elle s'est endormie et a bavé sur ma chemise, parce que je ne laisserais pas ça passer.

Alors je me redresse en position assise, sa tête se retire doucement, et elle presse son front dans le creux de mon cou. Je sens mon cou se chauffer, mais il y a pour l'instant des choses plus importantes que ça.

“Pourquoi tu ne veux pas me montrer?” les mots glissent de ma bouche.

C'est presque insultant qu'elle ne veuille pas pleurer devant moi, franchement.

Elle lève la tête rapidement, les yeux secs, mais son nez est un peu rouge, tout comme ses yeux.

“Te montrer quoi?” demande-t-elle innocemment.

Je serre les lèvres pour m'empêcher d'avoir l'air ennervé.

“Tifa,”

“Je dois finir de ranger.”

“Tu n'as pas encore fini?” demandé-je, surpris.

Elle mord sa lèvre inférieure, “Non.”

Menteuse.

Elle s'apprête à se lever, dégage ses cheveux en arrière, mais je tends la main et agrippe son poignet, puis la tire à nouveau vers moi.

“Cloud...” Elle ne veut pas croiser mon regard.

Elle sait que je sais qu'elle ment.

“Tifa... tu m'as dit de ne pas porter mon fardeau... de ne pas le porter seul... alors pourquoi est-ce que tu devrais porter le tien toute seule ? ”

Sa tête s'incline à mes mots, mais elle ne lève toujours pas les yeux.

Je sens la boîte contre ma hanche, un rappel de ce que je veux... l'engagement que j'ai désiré pendant si longtemps.

Pour ce genre de choses, nous devons nous aider l'un l'autre, non? Elle ne peut pas être toute seule à supporter un poids, n'est-ce pas? Elle l'a dit elle-même, que nous pouvions nous entraider. Elle essaie toujours de m'aider...

Mais pourquoi est-ce qu'elle refuse de me laisser l'aider?

L'instant d'après, nous retombons en arrière alors qu'elle lance ses bras autour de mon cou, me faisant perdre l'équilibre du même coup. Ma tête se cogne contre le bras du canapé et je grimace, mais je suis néanmoins allongé et immobile lorsqu'elle s'installe au-dessus de moi.

“Je suis désolée,” murmure-t-elle, et son souffle vient se tatouer sur mon cou.

“Ne le sois pas,” La chaleur grimpe à nouveau sur mon visage, et je dois fermer les yeux.

Mes doigts glissent sous son haut, et carressent doucement son dos.

Je prends le rôle de coussin humain ce soir... ou de matelas, selon la demande de la cliente. Ca ne me dérange pas, vraiment, de servir de coussin à sa tête, et d'écarter les cheveux de son visage. Elle s'occupe de moi et je veux faire de même, m'occuper d'elle pour une fois.

Je suis bon pour réconforter, non? D'accord, c'était une question stupide. Je n'ai pas forcément les mots qu'il faut pour réconforter, mais j'ai bien le super ventre coussin, apparemment. Et les mots ne sont pas tout, c'est ce qu'elle m'a appris. Elle m'a beaucoup appris, cette personne. Je lui dois beaucoup, vraiment beaucoup.

Je laisse échapper un soupir de satisfaction, et elle effleure ses lèvres contre la partie inférieure de ma mâchoire. Je sens de nouveau de la chaleur sur mes joues et dans mon cou, mais je l'ignore. Ce n'est pas de ça qu'elle a besoin, maintenant. Là, elle a besoin d'un bon gros coussin humain respirant sur lequel elle peut pleurer, même si elle ne pleurera pas. Elle sait au moins qu'elle peut le faire. Elle est trop fière pour pleurer, mais elle a besoin de savoir que je suis disponible pour le rôle si jamais elle en a besoin.

Elle enfonce son nez dans mon cou, agrippe ma chemise avec ses poings, et mes doigts tracent des motifs sur son dos jusqu'à ce que nous nous endormions tous les deux.


PS: excusez-moi pour ce long mois de silence oO J'avais un peu perdu la motivation pour la traduction, mais elle revient! XD Comme je suis en vacances, je vais essayer de mettre à jour plus souvent^^

# Posté le lundi 11 juin 2007 12:53

Chap36 DoBM: Les Yeux Valent Un Sourire

Chap36 DoBM: Les Yeux Valent Un Sourire
Diaries of a Broken Man (VO chapitre 36)

Chapitre 36: Les Yeux Valent Un Sourire

“Tu quoi?!”

“Yuffie, s'il-te-plait, parle moins fort,” sifflé-je dans le téléphone.

“Attends... tu es entrain de m'appeler alors qu'elle est juste à côté ?”

“Oui enfin, elle est pas si près que ça, mais...”

La voix de Yuffie baisse, “Et qu'est-ce que tu essaies d'insinuer par là, Cloud?”

“Je crois qu'il veut dire que tu parles excessivement fort.”

“Ferme-là, Vincent! Personne n'a demandé ton avis....espèce de cl-

“Attends, Vincent?” Je suis dérouté... j'ai appelé Yuffie.

“Tu m'as appelé pendant que Vincent et moi parlions, alors je l'ai simplement introduit dans la conversation,” déclare Yuffie.

“Attends... c'est réellement possible de faire ça?” demandé-je.

Elle ricane, “Oui enfin, pas exactement.”

“Elle nous parle sur deux téléphones différents, Cloud,” explique Vincent, “Et elle a mis le haut-parleur.”

“Aaargh, tu as tout cassé Vincent. J'avais vraiment envie de savoir combien de temps il allait prendre pour comprendre ça,” geint Yuffie.

“Je pense que tu as dévié du sujet originel, Yuffie.”

“Oh! Mais oui! Cloud; alors, tu l'emmènes dîner dehors...” énonce lentement Yuffie.

“Oui, d'accord,” murmuré-je dans le combiné en jetant un coup d'oeil par dessus mon épaule.

Peut-être que Yuffie avait raison; peut-être que j'aurais du attendre que Tifa soit partie, ou que je sois parti... ou quelque chose comme ça.

Mais non... J'aime rendre les choses difficiles. J'aime avoir la possibilité de tout gâcher.

Parce que, t'sais, j'suis Cloud.

Bien sûr.

“Où? Est-ce que tu vas-

“Je ne retourne pas là-bas, Yuffie. Fais-moi confiance,” la coupé-je.

“Oh! D'accord, j'ai saisi.” Déclare-t-elle, puis elle transforme sa voix en un murmure, “Il est encore traumatisé par l'incident du gâteau.”

“Je peux encore t'entendre,” grogné-je.

Pourquoi est-ce que la seule autre femme que je connaisse doit être Yuffie ? J'aurais pu appeler Shera... Mais j'aurais alors peut-être à parler à Cid.

Cid contre Yuffie... c'est un choix difficile.

“Mec, non mais sérieusement... pourquoi est-ce que tu m'appelles,” me demande Yuffie.

Bonne question.

“Parce que Yuffie, j'ai besoin que tu...”, je soupire, “J'ai besoin de ton aide pour acheter une robe.”

Un silence passe.

“Je croyais que ces jours-là étaient derrière toi, Clo-

“Ferme-, Vincent. C'est pas pour moi.”

“Oh merci bon Dieu... j'étais un peu inquiète pendant un instant. Je veux dire, je sais que j'ai bon goût et tout-

“Yuffie, concentration s'il-te-plait.”

Je jette un autre coup d'oeil par dessus mon épaule, vers la porte du bureau. J'ai été assez chanceux pour ne pas avoir été interrompu jusque là.

Sérieusement, difficile est le seul mot qui convient.

“Oh, c'est vrai... alors quoi...?”

“Et bien, tu as acheté cette robe pour son anniversaire... et je suppose que tu as les bonnes mensurations, et c'était vraiment une robe sympa-

“Tu divagues, Cloud,” coupe Vincent, “Mais c'est vrai que c'était un bon choix.”

Oh oui, Vincent, grand gourou de la mode.... continue à parler... et regarde où tu pointes ces chaussures, ils sont encore plus mortels que la griffe.

“Exact, merci Vincent,” elle se réjouit, puis grogne, “Tu n'as pas vraiment foi en moi, hein Cloud?”

“Jetons un ½il à ton cas, Yuffie.”

“Excuse-moi?”

“Il veut dire que techniquement tu voles, ce qui mène à un manque de confiance, ce qui mène à un manque de foi-

“Merci Vincent! Je peux comprendre ça toute seule,” s'écrie-t-elle.

“Alors pourquoi est-ce que tu demandes,” s'enquiert Vincent.

“Mon Dieu, Vincent, tu ne comprends vraiment pas le sarcasme, et même... aucun type d'humeur d'ailleurs,” déclare Yuffie.

D'accord, on n'ira nulle part comme ça... et je gâche du temps précieux.

“Hé, les gens hé-

“Je ne pense pas que ce soit complètement vrai.”

“Oh, vraiment, Vincent? S'il-te-plait, bénis-nous de ton humour. Raconte-moi une blague, s'il-te-plait. J'attends, et j'ai vraiment, vraiment, vraiment envie d'entendre ça... s'il-te-plait,” continue Yuffie.

“Hé-

“Très bien.”

“Hé-...” Un instant, j'ai aussi envie d'entendre ça.

“Daccord, j'attends Vincent.”

Je l'entends se râcler la gorge, et je me surprends à presser le combiné contre mon oreille, presque desespérément. Enfin, je veux dire... je n'ai encore jamais entendu Vincent raconter une farce. Même pas une blague de toto ou quoi que ce soit. Et...bien, je veux dire, je sais que je ne suis moi-même pas une boîte d'humour, mais voilà, franchement. Tout le monde se doit de connaître au moins une blague.

“Une blonde nue,”

C'est Vincent, là? Il a un côté qu'on ne connaissait pas.

“...rentre dans un bar avec un caniche sous un bras et un salami de deux pieds de long sous l'autre. Elle pose le caniche sur la table. Le gérant du bar dit, 'je suppose que vous n'allez rien prendre.' La femme nue dit-

“Cloud!”

Bordel de-

“Cloud, où est-ce que tu es?”

Tifa!

J'entends ses pas qui se rapprochent de la porte, un bruit sourd retentit, puis je l'entends frapper contre la porte.

“Cloud? Tu es là? J'ai du linge...”

Euuh...

“Je suis dans le bureau, Teef.”

La porte s'ouvre, et elle me sourit en m'étudiant attentivement. Je peux entendre des caquettements s'échapper du combiné. Je le presse désespérément contre mon oreille en espérant étouffer le son.

“Qu'est-ce que tu fais là,” me demande-t-elle.

“Euh, je suis au téléphone...”

“Je vois ça, Cloud.” Un sourire espiègle est plaqué sur son visage.

“Oh, et bien...ouai...euh, je clarifie quelques livraisons.... les directions...”

Elle sourit, “D'accord... et bien, ça ne te dérange pas si je range ton linge dans ta chambre?”

Je fronce les sourcils, “Non, bien sûr que non.”

“Ok, et bien, le déjeuner est presque prêt... tu sais, dès que tu auras fini de “clarifier” ou autre.”

“D'accord, merci, Teef.”

Elle sourit, d'un sourire qui s'étire jusqu'à ses oreilles, “De rien.”

Genoux... bonbons...

Elle ferme la porte.

“Ohmondiiieu...ils...sont...si...mignons,” couine Yuffie.

“Yuffie, je t'en prie,” commence Vincent.

“Quoi? Je n'ai pas le droit de les admirer? C'est mignon, d'accord? C'est merdemment trop mignon.”

“Yuffie... tu sonnes étrangement comme Cid.”

“Ferme-là!”

“Hé,” commencé-je, “J'ai pas pu entendre la fin de la blague... je peux l'entendre maintenant ?”

Mais ils sont trop occupés à se chamailler.

“Cloud... tu n'avais pas besoin de quelque chose?” demande Yuffie.

“Oui, la robe,” répond Vincent.

Et la blague alors ? Vous ne pouvez pas me laisser en plant comme ça, pas vrai ?

“Oh! Ouai alors...quel genre de robe est-ce que l'on vise, Cloud... quelque chose de sexy scandaleux ? Ou... genre, sexy coquin ? Ou... hum, sexy conservateur avec une touche de provoc mais pas suffisamment pour trop attirer l'attention?”

...Quoi?

“Hum... j'aime bien le n'attire pas trop l'attention.”

“Donc, plutôt, robe aux genoux?”

“...oui?”

“D'accord, d'accord,” je crois qu'elle est entrain de le noter. “Plutôt, n'attire pas trop l'attention...hmm, on peut probablement aller pour une bretelle-

“Non.”

“T'as raison, une robe aux genoux et une seule bretelle ? Ca fait un petit peu trop... tu es bon à ça, Cloud.”

Ferme-là!

Elle continue, “Donc alors, est-ce qu'on va plutôt pour des motifs?”

Des motifs? Quoi? Ca devient trop compliqué.

“Pas vraiment...” Je ne sais pas!

“Alors, dans ce cas, peut-être un petit quelque chose, mais rien de trop surprenant?”

“...bien sûr...”

“Tu n'as pas l'air sûr, Cloud,” dit Vincent.

“Je le suis.”

“Hé, Vince a raison, Cloud. Pas sûr du tout...”

“Je suppose,” Oh, c'est douloureux de le dire, “Je suppose que je vais devoir faire confiance à ton jugement.”

Un autre silence.

“Ohmondieu...c'est comme si...quelqu'un, s'il-vous-plait...dites-moi que quelqu'un a enregistré ça. J'ai besoin d'indice, nan, de preuve, que Cloud Strife fait confiance à mon jugement.”

“C'est une chose effrayante à considérer,” répond Vincent.

“Ne brise pas le moment, Vince,” elle reporte son attention sur moi, “Oui donc, alors... c'est toi qui couvres tout ça, pas vrai?”

“Quoi? Oh, oui. Je vais payer... les chaussures, et la robe.”

“Le prix du gaz?”

“Quoi?”

“Cloud! J'ai besoin d'un moyen de transport! Qui sait dans quel satané trou perdu va se trouver la robe idéale, et tu veux bien la robe idéale, hein?” demande-t-elle.

“...Oui... mais je veux les factures.”

“T'es pas drôle! Enfin bon... je suppose qu'on a fini... et tu peux aller prendre le déjeuner avec ton amoureuse,” me taquine Yuffie.

“Yuff-

“Attends... et la couleur,” demande Vincent.

Ouai, ça aiderait.

“La même que ses yeux.”

Yuffie ricane, “Cloud... tu dois... tu ne peux pas être sérieux.”

“Quoi? La couleur de ses yeux est parfaite.”

“Non...je t'en prie... tu ne peux pas être idiot à ce point,” raille Yuffie.

“De quoi est-ce que tu parles,” demandé-je, je commence à être ennuyé, là.

Son rire retombe, “Tu es sérieux, c'est ça?”

Je hoche la tête, même si c'est futile.

Mais je pense qu'elle sait que je hoche la tête, parce qu'elle continue.

“Tu es...non, sûrement pas... bon dieu, Kuh-loud... tu es un original, pas vrai?”

“Qu...” reste calme, Cloud, “...-el est le problème, Yuffie?”

“Quel est le problème? Bon sang, je sais que n'importe quelle couleur peut aller à Tifa, mais du marron ? Et particulièrement pour cette occasion-

“Attends, marron?”

Des yeux de qui est-ce qu'elle parle ?

“Les yeux de Tifa ne sont pas marrons,” rétorqué-je.

“Quoi? Mais si ils le sont! Est-ce que tu sais à quel point elle serait pincée si elle apprenait que tu ne sais même pas de quelle couleur sont ses yeux ?”

“Yuffie, ses yeux ne sont pas marrons. Je pense que je devrais le savoir.”

“Et bien de toute évidence, non, tu ne sais pas... dis-moi, Cloud, de quelle couleur sont ses yeux?”

“Rouge,” déclaré-je, c'est une évidence, “...un peu comme le vin; ils sont parsemés de quelques taches d'or au soleil.”

Un autre silence passe avant que Yuffie ne réponde.

“Bon Dieu, Cloud... aussi poétique que c'était... enfin, je veux dire, ils ne sont pas rouges... Je veux dire, la seule personne aux yeux rouges que je connaisse... enfin, j'espère que tu n'achètes pas une robe pour lui.”

“Yuffie!”

Nous nous arrêtons, puisque que Vincent et moi nous écrions au même moment.

Je ne sais pas quoi dire. Comment peut-elle se tromper à ce point ? Je veux dire, ses yeux sont rouges évidemment, pas marrons... Je promets, elle est... elle est une véritable idiote.

“Il a raison pourtant, Yuffie,” La voix de Vincent vient briser le silence.

“Quoi? Non, sûrement pas!”

“Si, Yuffie... si. Tu dois juste faire attention. Les yeux de Tifa sont rouges,” Vincent s'arrête, “... mais ils sont rouges seulement lorsqu'elle le regarde.”

Quoi?

“Quoi,” demande Yuffie, “C'est vraiment possible, ça ?”

“Apparemment,” répond Vincent.

Yuffie soupire, “D'accord, de toute évidence vous êtes tous les deux aveugles des couleurs...” Je suis sur le point de protester, “Mais! Etant donné qu'il s'agit de Tifa et puisque tu veux tellement que cette nuit soit parfaite, et bien... une robe rouge ça sera... avec des taches d'or au soleil.”

“Tu sais, Tifa était la seule personne a qui il a souri,” dit Vincent.

“De quoi est-ce que tu parles?” demande Yuffie.

Même moi je suis curieux.

“Lorsque nous avons combattu Bahamut, à Edge.” Mes yeux se plissent.

J'entends Yuffie s'émerveiller, “Vraiment,” roucoule-t-elle, “Comment tu sais ça?”

Oui, comment il sait ça?

“Tifa m'a dit qu'il lui avait souri. Je lui ai demandé comment ça faisait de le revoir sourire après qu'il est guéri Denzel. Elle m'a dit qu'il s'était déjà remis à sourire.”

“Nom de Dieu, c'est vraiment... la chose la plus romantique que j'ai jamais entendue. C'est vraiment sacrément adorable. Il avait ses sourcils froncés, et ses yeux se sont juste plissés en signe de détermination, ou du moins, c'est ce qu'il a fait lorsque je l'ai vu. Mais il a pris le temps de sourire?”

“Oui,” Je peux pratiquement entendre le sourire de Vincent dans sa voix.

Est-ce qu'ils sont vraiment obligés de parler comme si je n'étais pas là ?

“Awwwwww! C'est tellement mignon! Il a souri, face au danger, animé par le pouvoir d'un amour véritable! Ca vaut les meilleures histoires du monde, ça.”

“Est-ce que ses yeux étaient rouges à ce moment là, Cloud?” demande Vincent.

“Rouge avec des taches d'or?” ajoute Yuffie.

Je cogne ma tête contre le mur; ils ne vont pas me laisser oublier ça.

“C'était quoi, ce bruit,” mais Yuffie enchaîne directement, “Alors, Cloud... est-ce que c'est vraiment... le dîner ? La question ? La nuit ? Hein? Hein? Tu dois me le dire, ou alors, je ne vais très sûrement carrément ne pas t'acheter cette robe. Ca fait quoi, un mois, un mois et demi depuis son anniversaire?”

“...”

“Même moi je suis curieux, Cloud,” ajoute Vincent.

“Je... je ne sais pas... ça pourrait être... trop tôt.”

“Trop tôt? Trop tôt?! C'est tout sauf trop tôt! Vous deux, vous vous connaissez depuis quand, l'enfance ? D'accord, okay, vous n'étiez peut-être pas proches, mais quand même ! Et vous vivez tous les deux ensemble depuis combien d'années?! Et... tu as eu cet énorme béguin pour elle pendant quoi... deux... trois... quatre ans maintenant ? Et est-ce que tu n'es pas amoureux d'elle ? Arrête-moi si j'ai tort.”

“Ce n'est pas...aussi simple Yuffie.”

“Mais toi, tu es prêt, non? Tu es prêt depuis longtemps, pas vrai ?”

“Yuffie...”

“Alors, quel est le problème?”

“Je ne sais pas... si elle est prête... je ne sais pas... si je suis prêt... Je veux dire, c'est... c'est une chose importante.”

“Tu y as beaucoup réfléchi, Cloud?” me demande Vincent.

“Oui.”

“Tu l'aimes?”

“Oui.”

“Alors ne plannifie rien,” répond Vincent.

“Quoi?!” hurle Yuffie.

“Emmène-là dîner, c'est une bonne idée. Mais... lorsque le bon moment sera revenu, tu le sentiras. Prends-la(ndlr: la bague) avec toi si tu n'es pas sûr, ça pourrait être le bon moment. Ca pourrait ne pas l'être. Au final, tu sauras si tu es sûr, si elle est sûre, et lorsque le bon moment viendra.”

Un autre moment de silence.

“D'accord.” Ca ne me paraît pas trop déraisonnable.

Yuffie soupire, “Okay, mais tu vas sûrement devoir y mettre les moyens. Je vais te trouver la robe. Combien de temps?”

“Deux semaines.”

J'entends un léger click, mais l'ignore.

“Oki dac, considère Yuffie Kisaragi engagée et en mission!”

Je l'imagine entrain de jeter son poing en l'air, et je secoue la tête.

“Bien. Et...merci, à tout les deux.”

“Hé, c'est pour ça qu'on est là,” répond Yuffie.

Il y a un grognement de réponse de la part de Vincent, et je souris légèrement, ayant la sensation réjouissante d'avoir finalement accompli quelque chose.

“A quoi est-ce qu'elle ressemble?” demande Yuffie.

“Est-ce que tu ne peux pas simplement attendre?”

“Non! Je ne sais pas combien de temps je vais devoir attendre.”

“Perle, et argent.”

Yuffie s'offusque, “Oh superbe description!”

“C'est dans une petite boîte rouge (ndlr2: c'est une petite erreur de l'auteur... elle était sensée être noire XD). En velours et tout... Ca vient des Bijoutiers de Midgar; c'est un cercle. Est-ce que ça te va?” demandé-je.

J'entends comme un murmure de stupéfaction, puis un bruit sourd.

“Yuffie?”

“C'était pas toi, Cloud?”

“Vincent?”

“Non.”

La couleur se dissipe de mon visage.

“...Tu n'es quand même pas... sur le téléphone du bar?!” chuchote Yuffie tout en parvenant malgré tout à crier.

“Raccroche le téléphone, Raccroche simplement le téléphone,” Dit doucement Vincent.

Je replace rapidement le combiné sur son socle.

Oh...

Super...juste super.

Quelqu'un est au courant de mes projets, et possiblement la personne la plus importante.

Et je n'ai même pas pu entendre la blague de Vincent.

Bon sang !

# Posté le jeudi 14 juin 2007 20:39

Modifié le vendredi 15 juin 2007 04:14