_______________________________________________________________________________________
Il est tard quand je rentre, plus tard que je ne l'avais prévu. Les étoiles scintillent, la lune est pleine, et je suis frustré par la manière dont s'est déroulé la journée. Bien sûr, je comprends que tout le monde soit amoureux aujourd'hui, je comprends que tout le monde veuille que leur cadeau spécial soit livré.
Croyez-moi, je le sais mieux que personne...
Mais je suis malgré tout là, dehors, essayant de retourner à la maison afin de pouvoir voir...
...et bien...
J'ai juste envie de rentrer, d'accord?
Je distingue enfin les lumières de la ville, les rues et les alentours familiers, et je laisse échapper un soupir de soulagement.
...Enfin chez moi...
Il y a une lumière allumée au bar, les quelques derniers clients sortant au compte-goutte. Tifa laisse le bar ouvert tard ce jour-là, pour les couples qui veulent profiter de la nuit, et pour ceux qui veulent boire afin oublier qu'ils n'ont personne.
Elle est en train de faire sortir les derniers clients tandis que je gare Fenrir. Je vois que ses notent ma présence durant un moment, mais l'instant d'après ils étaient ailleurs...
...un rougissement....
...un rougissement d'elle...
Je ne crois pas que j'ai déjà été aussi content de toute ma vie ; je ne peux pas me détacher de mon large sourire alors que je descends de Fenrir, veillant à garder mon dos face à elle. Je l'entends rentrer à l'intérieur, et je me souris à moi-même. Il est temps de se mettre au travail.
Elle respire le parfum d'une des roses alors que je me dirige vers l'entrée en silence, un sourire content sur son visage, un visage qui rougit.
Je détourne mes yeux vers le sol puis ferme la porte bruyamment, pour faire comme si je n'avais rien remarqué. Je lève les yeux, et je suis choquée de voir à quel point elle peut se déplacer vite. Son dos me fait désormais face et elle est en tain de faire la vaisselle.
Je souris encore.
Je le cache cependant tandis que je marche jusqu'au bar, retirant négligemment mes gants. Elle se retourne, puis me sourit.
“Bienvenue à la maison.” annonce-t-elle.
Toute pensée de ne pas sourire me quitte, et je souris encore. Elle me regarde alors que je m'avance, effleurant légèrement l'une des roses jaunes dans le vase. Je me demande si elle réalise que c'était celle qu'elle respirait.
“De qui as-tu reçue ces roses?” demandé-je, essayant de garder un visage impassible.
Elle me foudroie du regard.
“Et juste quand j'étais sur le point de te remercier pour ça.”
Elle se retourne vivement. Je me doutais bien que quelque chose comme ça pouvait se produire.
“Je suppose que c'est de la part d'un mystérieux jeune homme...” dis-je doucement, et je sais qu'elle sourit, parce que je sais qu'elle sait que c'est moi.
“Et bien...je ne sais pas si je vais te donner mon cadeau maintenant...Je veux dire, étant donné que quelqu'un se soucie beaucoup de toi, de toute évidence. » dis-je nonchalamment.
Je la voir se geler sur place, et je m'appuie contre le bar. Elle se retourne lentement.
“Quoi?”
“Et bien, j'avais bien quelque chose pour toi, mais il semblerait que je pourrais énerver quelqu'un si je te donnais mon cadeau.”
“Attends!” crie-t-elle, les yeux écarquillés.
Je sens le coin de ma bouche se crisper.
Au diable mon coin de bouche.
Elle ouvre la bouche, puis plisse les eux, comprenant que j'essaie juste de lui embrouiller les idées.
“Toi...toi...toi...” Elle travaille à me trouver l'insulte parfaite, peux le lire dans ses yeux.
Les choses ne se sont pas passées tout à fait comme prévues, mais je sais que c'est maintenant le moment. Je ne perds pas plus de temps pour sortir une petite boite fine de ma poche arrière. Tifa a un hoquet de surprise, toute pensée de m'insulter ayant désormais disparu.
“Je paris que je pourrais le prendre sur moi de toute façon » dis-je.
Elle tend la main, touchant la boîte doucement. Elle défait la fermeture et sursaute. C'est ce collier de perles qu'elle avait vu dans la vitrine il a quelques mois. Elle les soulève et les place devant ses yeux, sa bouche figée en un 'O' permanent.
C'est à ce moment-là que je me redresse, et m'avance jusqu'à ses côtés alors qu'elle fixe encore le collier d'un air ébahi.
“Je ne peux pas y croire...tu t'en es souvenu ! Je ne peux pas croire que tu l'aies achetée ! Et pour...pour moi ! Le prix Cloud ! »
Sa voix devient plus grave pour sa phrase suivante, “Le prix. Tu n'aurais vraiment pas dû”.
Mais ça n'efface pas le sourire qui s'est formé sur ses lèvres.
Elle n'a même pas remarqué que je m'étais déplacé, et elle sursaute lorsqu'elle sent mes mains écarter doucement ses cheveux de ses épaules, les retenant en arrière. Je prends le collier avec mon autre main, et je peux l'entendre retenir son souffle. Elle lève la main pour tenir ses cheveux, et je la remercie doucement tandis que je referme le collier autour de son cou.
Je me penche en avant, plaçant mes mains sur ses épaules. Elle est encore sous le choc, ses doigts effleurant doucement les perles.
“Joyeuse Saint Valentin, Teef” lui murmuré-je à l'oreille, et je me recule.
Elle soupire, se tournant légèrement pour me faire face. Je crois que nous n'avons pas été aussi proches depuis longtemps. Elle lève son regard vers moi, avec ses grands yeux couleur rubis.
Je crois que je vous ai déjà dit à quel point j'aimais ces yeux.
Je me penche avant même d'y réfléchi, puis effleure doucement mes lèvres contre sa joue.
C'est alors que j'ai perdu mes nerfs, mon extérieur calme et toute la préparation mentale que j'avais placé dans l'élaboration de ce moment se sont écroulés. Je sens la chaleur remonter mon dos et mon cou, et alors que je me recule, je chancelle, sachant très bien que mon visage tout entier est couleur rouge sang. J'essaie de dire quelque chose, mais tout ce que je parviens à faire est bafouiller ; elle me regarde avec une expression choquée et déconcerté sur son visage, un visage gagnant sa propre teinte de rouge. Je me tourne pour m'en aller, puis me ravise, reviens sur mes pas, mais je comprends que si je fais autre chose ce soir, mon visage sera à jamais empreint de rouge.
“Uh... guh...uh, bonne...bonne nuit.” Bégayé-je, et je m'enfuis vers les escaliers.
Je m'arrête en haut des escaliers, figé, repensant à tout ce que j'ai fait ce soir. Surtout ce baiser... et si c'était trop? Ca me ressemble tellement peu...ce genre de chose...
Mais je laisse échapper le lourd soupir que je retenais lorsque je l'entends rire joyeusement.
Il y a quelques bruits de craquement de parquet et je me rends compte qu'elle est en train de sautiller sur place. Je souris. En fait, je ne peux pas me détacher de ce sourire. Il est là alors que je me redirige en bas pour fixer mon trajet du lendemain, et il est là tandis que je travaille dessus toute la nuit. Il devient plus large cependant, avec ma dernière pensée avant que je ne m'endorme, juste après que Tifa m'ait mené jusqu'au canapé.
Je me demande combien de cadeaux a reçu Vincent le jour de la Saint Valentin?
