Il était tard lorsque je suis rentré cette nuit. J'étais parti durant trois jours, ayant pris en charge quelques livraisons pour des destinations lointaines. Cela me prit une minute pour finalement insérer la clé dans la serrure. Je la tourne, les gorges de serrure se mettant en place, puis je fais pivoter la poignée de porte.
THWACK!
Je n'avais pas réalisé le fait que j'avais oublié un fois encore de débloquer le verrou mort.
Je me rappelle aussi maintenant que la porte est vraiment impitoyable vis-à-vis de mon front. Tout en frottant ce dernier, je finis de déverrouiller la porte, l'ouvrant entièrement avant d'oser passer au travers. Malheureusement, la chance n'est pas de mon côté ce soir.
“Marlène!”
Je trébuche sur elle, me jetant maladroitement sur le côté en me cognant la hanche contre la poignée. Je grimace et foudroie la porte du regard un instant.
Tu n'as pas suffisamment abusé de moi pour la nuit? Juré-je silencieusement dans ma tête, puis je me tourne vers Marlène.
...et Denzel apparemment.
Ils me regardent avec de grands yeux écarquillés, vêtus de leurs chemise de nuit et pyjama.
“Qu'est-ce que vous faites hors du lit?” demandé-je, frottant mes yeux.
Je suis un zombie marchant, la fatigue a vraiment sapé toute mon énergie.
“C'est Tifa!” criaillent-ils en un murmure.
“Tifa?” répété-je, confus.
“On n'arrive pas à la mettre au lit! Siffle Marlène.
“Quoi?”
Elle saisit ma main, Denzel prenant l'autre tandis qu'ils me traînent de force jusqu'à l'espace du bar. C'est alors que je la vois.
Denzel et Marlene ont fait de leur mieux, glissant un coussin sous la tête qui est posée sur le comptoir, et ayant enroulé une couverture à bout de bras qui pend mollement à ses côtés. On dirait qu'elle pourrait tomber de son tabouret de bar à n'importe quel moment.
Je jure doucement.
“Pourquoi n'est-elle pas au lit? ” demandé-je en murmurant.
“Elle ne voulait as se lever!” dit Denzel.
“Elle avait le pire des maux de tête” renchérit Marlène, ses yeux écarquillés d'inquiétude.
“Un mal de tête?”
“Elle n'arrivait pas à dormir !"
“Pourquoi vous ne m'avez pas appelé?”
“Elle a dit qu'elle allait bien!”
“Denzel, Marlène...”
“On sait! Mais...on ne savait pas qu'elle ne dormait pas jusqu'à ce que...”
“Jusqu'à ce que...”
“Je doive aller à la salle de bain.”
“Menteuse.” siffle Denzel entre ses dents.
Marlène lui lance un regard menaçant.
“On l'a juste trouvé commo ça ce soir! Elle était debout ...enfin... aussi debout que ça est.” annonce Marlène, désignant Tifa.
Je laissai échapper un soupir de défaite.
“Et elle ne se lèvera pas?” demandai-je.
“Elle ne se réveillera pas! Elle n'arrête pas de dire 'juste un petit
peu plus longtemps' mais à chaque que nous , nous lui disons ça le matin, elle retire le matelas d'en d'ssous de nous ! » S'exclame Denzel, l'air outré.
Je grimace au volume de sa voix.
“On s'est dit que ça ne servirait à rien de bon de retirer le tabouret d'en d'ssous d'elle cependant. » fait remarquer Marlène, hochant la tête d'un air entendu.
“Oui...sage décision.” Je dois leur faire éloge pour celle-là.
“Mais ça ne peut pas être bon pour elle de dormir comme ça ! » ajoute Denzel.
Je soupire, il a raison. Je suis fatigué, mais pour Tifa, Je peux la monter jusqu'en haut. Marchant jusqu'à elle, je place doucement une main sur son front. Elle brûle. Fronçant légèrement les sourcils, je passe une main sous ses genoux, la soulevant doucement, tandis que sa tête roule doucement et vient se reposer sur mon épaule.
“Mmph...Non.” marmonne-t-elle.
Soupirant, je me dirige vers les marches, faisant attention à ne pas cogner sa tête ou ses pieds contre les murs. Marlène me précède, et Denzel me suis de près.
“Je la rattraperai si tu la lâches, Cloud » me rassure-t-il.
Je suis sur le point de passer devant ma chambre, mais Marlène lève les yeux vers moi, l'air choquée.
“Qu'est-ce que tu fais?”Demande-t-elle vivement.
“La mettre au lit....” Je suis complètement déconcerté.
“Pas le sien, idiot! Le tien !”
Comment est ce qu'un enfant réussit-il à me faire rougir ?
“Pourquoi le mien?” marmonné-je.
“Et bien, c'est là qu'elle dormait l'autre nuit, lorsque tu as fait ce cauchemar.” Déclare simplement Denzel.
“Je ne crois pas que je l'ai déjà vu aussi contente endormie.” Ajoute-t-il.
“Tu nous épiais?” demandé-je, mes bras devenant lourds de fatigue.
“Je devais aller dans la salle de bain” Répond-il faiblement.
“Menteur.”
C'est au tour de Denzel d'envoyer à Marlène un regard incitant au silence.
“Bien...on parlera de ça plus tard.” Dis-je, vaincu.
Marlene a les bras écartés de tel sorte que je ne peux pas passer derrière elle, et en plus, ma chambre est plus près. Je rentre tandis que Denzel me tient la porte et je la dépose doucement sur le lit. Balayant des mèches égarées de son visage, je la fixe pendant un moment. C'est alors que je vois Marlène grimper sur mon lit.
“Whoa, Marlene.” Commencé-je.
Mais elle se penche, tapotant le front de Tifa,“ 'Nuit Tifa” murmure-t-elle.
“Nuit, Tifa.” Fait de même Denzel.
Ils font un petit signe avant de se retirer dans leur chambre. Je ne peux pas m'empêcher de sourire légèrement. Retirant mes bottes, Je me change rapidement, me passe un peu d'eau sur le visage. Je suis plus réveillé maintenant, au moins. Je retourne vite dans ma chambre ; Tifa dort paisiblement. Je me penche, touchant son front doucement. Elle est encore en feu.
Je grimpe sur le lit à côté d'elle, enveloppant un bras autour d'elle. Elle se blottit contre moi dans son sommeil et je l'embrasse légèrement sur la joue.
Bien sûr, je sais que je peux tomber malade.
Mais j'ai envie de saisir cette chance.
