Je travaille dans ma chambre. J'ai été envoyé ici il y a environ deux heures, et je ne suis pas assez brave pour la quitter.
Tifa passe une mauvaise journée.
J'ai tenté de l'aider au bar, mais elle m'a pratiquement balancé un verre dans la figure, je me suis donc dit qu'il serait plus prudent de l'écouter et lui laisser la gérance du bar. Même Denzel et Marlène font profils bas.
C'est vraiment, vraiment un mauvais jour.
Je suis donc surpris lorsque Denzel et Marlène s'engouffrent dans ma chambre, leurs yeux écarquillés de panique.
“...Qu'est-ce qu'il y a?” demandé-je prudemment.
“Tu dois venir! Maintenant!” crient Marlène et Denzel.
Ils courent vers moi, saisissant mes mains et essayant de me tirer de mon bureau.
“Qu'est-ce qui ne va pas? Est-ce que Tifa va bien?”
“NON! Il est de retour!”
“Quoi? Qui?”
“Opération Repousse!” crie Marlène d'une voix perçante.
“Plan Z?”
Oh.
Mon.
Dieu.
“Quoi?” sifflé-je.
“Il est là, juste en bas, encore en train de lui demander de sortir avec lui, et elle n'a plus l'air aussi en colère que tout à l'heure.”
“Je crois qu'elle est triste.”
“Elle est contente, puis triste, puis en colère, puis triste! J'arrive plus à suivre !” crie Denzel.
Oh, ça doit être cette période.
Ils tiennent encore ma main, me traînant jusqu'à la porte.
“Et qu'en est-il du 'il ne reviendra plus jamais'?” demandé-je.
“Et bien apparemment, il l'a fait! Donc tu dois t'en occuper.” Dit sèchement Marlène.
“Mais quels sont vos plans?”
“On t'as dit que Plan Z était notre dernier!”
“Alors qu'est-ce que je suis?”
“Tu es le plan d'urgence!” crie Denzel.
“J'ai pas le droit à une lettre?”
“On a déjà utilisé toutes les lettres!”
“Vraiment?” C'est assez impressionnant.
“Oh oui. Bombes à eau, piment dans le plat...oh ! Tu te rappelles quand on a mis de la glue sur son tabouret?” s'exclame Denzel.
Marlène hoche la tête vigoureusement.
“Oh! Et l'incident des toilettes qui débordent.” Ajoute Marlène.
Je ne vais même pas demander comment ils ont fait pour celle-là.
“Alors, qu'est-ce que je suis sensé faire?”
Denzel et Marlene lèvent les yeux, surpris. Je crois qu'ils m'ont oublié pendant une minute.
“Sois juste toi-même, fais-nous confiance. Ca sera suffisant.” Dit Marlène, ses yeux
brillants de sincérité.
“D'accord...”
Ils me traînent donc dans les escaliers, et nous arrivons dans le bar. J'aperçois un homme avec de sombres cheveux lisses, et je peux le sentir d'ici. Il est appuyé sur le bar et est penché vers Tifa, et je devine qu'elle est fatiguée. Ses cheveux sont emmêlés, et elle n'a même pas la force de renvoyer l'homme.
Ok alors... Je peux faire ça.
“Tifa.”
Elle lève les yeux, surprise. L'homme fait de même, il me menace du regard.
Est-ce que ses sourcils sont épilés? Attends...est-ce que c'est... du eyeliner?
C'est quoi cette...
“Qu'est-ce qu'il y a?” demande-t-elle doucement.
Merde, qu'est-ce que je dis maintenant?
“Uh...Denzel voulait te demander quelque chose.”
Désolé Denzel.
“Je vais prendre ta place pendant un moment.”
“D'accord.” Elle hoche la tête en s'en allant.
L'homme me foudroie du regard.
“Est-ce que tu es...quelque chose comme son frère?”
“Non.”
“Meilleur ami ou un truc du genre?”
“Un truc du genre. J'habite ici, avec nos enfants.”
Oh oui, ça va te faire l'effet d'une douche froide, espèce de –
“Vraiment? Des petits monstres, eh?” L”homme affiche un sourire tordu.
Oh...Je n'aime pas cet homme...pas du tout.
“Non, pas vraiment.” Déclaré-je.
Mes yeux brûlent. Je peux les sentir. C'est comme s'ils étaient en feu. Je pense qu'il le remarque, parce qu'il regarde ailleurs maintenant.
Ha. Et maintenant?
Cependant son regard est maintenant à nouveau levé, posé sur Tifa qui revient. Il n'abandonne pas, pas encore. Mais je vais le lui faire faire, même si je suis obligé d'utiliser la force.
Attends....
Je veux utiliser la force.
Sautons la case discussion.
“Est-ce qu tu arrives à croire ce qu'il voulait me demander?” soupire Tifa avec colère.
“Quoi?” demandé-je, confus.
“Il voulait prendre ton épée Cloud, ton épée! Pour faire le fier! Ton épée! J'ai presque dit oui rien que pour voir à quoi il ressemblerait en la portant.”
Oh Tifa...Oh Denzel, je crois que vous venez juste de m'aider immensément.
“Quoi, tous les six? Ou juste un?” demandé-je, tout en remarquant l'homme se figer.
“Je ne sais pas! Et je m'en moque, je n'arrive juste pas à croire qu'il n'ait ne serait-ce que considéré le fait de faire une chose pareil.”
Je pense que Denzel avait planifié tout ça. Ou Marlène. Je m'en fous, le fait est que ça marche très bien.
L'homme transpire maintenant. Il jette un coup d'oeil à la porte.
“Est-ce que tu veux que j'aille le chercher, comme ça tu pourras le voir en train d'essayer de la porter? Ca pourrait te remonter le moral.”
Tifa sourit un moment, puis fronce les sourcils, secouant légèrement la tête.
“Il n'a pas besoin de vivre comme nous avons vécus. Je ne veux pas de ce sang sur ses mains.”
Je hoche la tête, acquiescant. Ce n'est que trop vrai.
Cependant, en même temps, je remarque que le visage de l'homme est devenu pale. Il se lève silencieusement, prenant Tifa par surprise. Déposant quelques gils sur le comptoir, il se tourne et sort en silence. Tifa secoue la tête en réflexion.
Je jette un coup d'oeil, attrapant la tête de Denzel et Marlène qui dépassent d'un coin. Me dirigeant lentement vers eux, ils me sourient.
“Bon travail! Tu t'en es débarrassé d'un, maintenant, va te débarrasser de l'autre!!” Marlène sourit.
“L'autre?”
“Oui, le vrai casse pied. On arrive jamais à l'avoir avec aucun de nos plans.” Déclare Denzel.
Je me tourne, remarquant un autre homme qui se dirige vers le bar. Il a des cheveux rouges ardents et un air suffisant sur le visage. Je remarque qu'il y a un autre homme, silencieux et chauve dans le coin, portant des lunettes noires.
Oh super, ces deux-là.
Au moins, je sais que Tifa ne dira jamais oui à Reno peu importe la situation.