Je déteste me disputer avec elle. Elle serre les lèvres, et me fixe de telle sorte que je sais qu'elle se demande si j'ai ne serait-ce qu'un cerveau dans mon étroit crâne...
Elle devient rouge écarlate lorsqu' elle réalise qu'elle vient juste de dire ça tout fort et pas dans sa tête.
Elle est mignonne, même en colère.
Je me dois de ne pas être d'accord avec elle cependant, et elle plante ses poings sur ses hanches, en me foudroyant du regard. Elle laisse volet un filet de paroles que j'arrive à peine à suivre. Je ne vais même pas essayer alors qu'elle fait des gestes avec ses mains et tape une fois du pied. J'ai déjà entendu tout ça auparavant, mais c'est pour de bon que je lui dis une raison. Elle soupire juste et secoue la tête d'incrédulité en allant ailleurs.
Je soupire alors qu'elle finit le dîner, Denzel et Marlène bavardant joyeusement. Ils n'ont pas entendu notre désaccord plus tôt.
Elle veut que je prenne quelques temps de congé, et alors qu'à n'importe quel autre moment je m'y serais obligé joyeusement, je sais que j'ai encore accepté des livraisons supplémentaires, mais tout ça pour une bonne raison.
Elle ne veut juste pas me croire.
Nous mangeons le dîner en silence, et Denzel et Marlène le remarquent. Ils jettent tous les deux un coup d'oeil de moi à Tifa, et nous gardons tous les deux les yeux détournés. Denzel essaie d'engager une conversation mais après un léger 'hmm' de Tifa et un hochement de tête de ma part, il abandonne. J'ai des remords pour les enfants. Je devine que ça les ennuie, mais pas autant que ça le pourrait. Tifa et moi ne nous disputons vraiment jamais, et quand nous le faisons, nous ne pouvons pas restés fâchés l'un envers l'autre.
Enfin...Je sais que je ne peux pas rester fâcher contre elle.. Soit elle suit l'humeur, ou alors ne reste pas fâchée contre moi.
Les enfants vont se coucher tôt ce soir. Je crois qu'ils comprennent que Tifa et moi avons besoin de parler. Bien sûr, je sais qu'ils font probablement ça de façon à ce qu'ils puissent se glisser hors du lit et écouter notre conversation. Blâmez Yuffie enseignant aux enfants 'la voie du ninja'. Tifa lui a pratiquement bottée les fesses lorsqu'elle l'a découvert.
Elle met les enfants au lit et retourne au bar, finissant le nettoyage. Je traverse lentement et m'assois, le malaise me fait suffoquer.
“Cloud, tu as-
“Ecoute Tifa-
Nous levons les yeux, pris de garde l'un par l'autre. Elle sourit lentement et je retourne doucement son sourire.
“Tifa, je sais ce que tu vas dire...” commencé-je lentement.
“Alors écoute la raison pour une fois!” grogne-t-elle.
Et bien, ce joyeux moment n'a pas duré trop longtemps, n'est-ce pas?
“Je sais Tifa, juste un peu plus longtemps et je serai de retour de ces livraisons.”
“Un peu plus longtemps? Cloud, tu ne pourras pas un peu plus longtemps! Tu te surmènes vraiment.”
“Non, je ne le fais pas...C'est important pour moi.”
“Honnêtement, Cloud! Qu'est-ce qui peut possiblement être si important pour que tu te surmènes? Tu vas finir par te tuer d'épuisement!”
Je peux à peine empêcher ma bouche de se crisper légèrement, je crois vraiment qu'elle a oublié.
“Quoi...Quoi?” demande Tifa.
Elle a vu l'amusement dans mes yeux...zut...Temps pour une contre attaque.
“Qu'en est-il de ça Tifa...”
Elle me regarde précautionneusement.
“Je prendrai un jour de congé lorsque tu prendras un jour de congé.”
Sa mâchoire heurte pratiquement le sol.
“Quoi? Est-ce que tu es fou? Je ne peux pas prendre un jour de congé ! J'ai les enfants ! Je ne peux pas prendre congé d'être...euh...une...une..”
“Une quoi, Tifa?”
Elle marmonne quelque chose d'incohérent, mais je lui porte alors le coup de grâce.
“Une mère?”
Elle rougit furieusement.
Je comprends sa rougeur, étant donné surtout qu'elle est en train de me parler. Alors que je sais que ça ne la dérange pas de prendre le rôle d'une mère, il arrive souvent qu'elle soit désignée comme telle, cela inclut qu'il y a rapport avec un père...
Et moi étant l'homme vivant dans la maison, ça résulte souvent à être moi.
Non pas que ça me dérange...c'est juste compliqué. Tifa et moi ne sommes pas mariés, alors...
Ca peut juste être maladroit parfois, d'accord?
Je sens mon propre rougissement monter à l'idée de Tifa et moi mariés.
“Alors, que penses-tu du fait que je t'offre un jour de congé...Je prendrais un jour de congé dans la semaine, et je choisirai un jour pour toi...et je serai...et bien, je serai...”
J'ai envie de dire père, mais je ne peux pas. Je sais que je suis le père, tout autant qu'elle est la mère, c'est juste qu'elle a beaucoup plus de pratique que moi pour ça. En plus, elle a été adressée comme leur mère plus souvent que moi comme leur père, avec ce métier qui fait voyager et autre. Je peux voir dans ses yeux qu'elle comprend.
Cependant, elle flashe un sourire machiavélique.
“Tu seras une mère?”
Je ne peux pas retenir le petit air choqué de mon visage.
Oh, c'était bas.
“D'accord, je vais passer le marché avec toi, maman.”
Ouch! Elle rie légèrement, et je me sens rougir. Malgré l'embarras, je suis content que nous soyons arrivés à un accord.
Tifa rie encore, "Heh, selon mes souvenirs, tu es superbe en robe."
Oh, elle ne va pas ressortir ça.
"Honnêtement, j'étais jalouse de ton allure dans cette robe !" s'exclame Tifa en riant.
Je baisse la tête, essayant de cacher mon rougissement, et elle place sa main sur la mienne.
"Je te préfère vraiment en homme, cependant."
Je souris, c'est bon à savoir.
J'ai cependant encore les yeux détournés, espérant que ça cacherait mon rougissement qui n'a pas encore disparu. Donc je suis surpris lorsqu'elle se penche au-dessus du bar, et m'embrasse sur les lèvres. Non pas que je fasse objection, ça m'a simplement pris de garde.
Nous restons comme ça un moment, nos lèvres se rencontrant au-dessus du bar. Je n'échangerai ce moment pour rien au monde. Je dirais que notre petite querelle et le fait d'être appelé “mère” valaient le coup.
Cependant, je crois entendre deux petits rires enfantins venir de la cage d'escalier.
Tifa drape ses mains autour de mon cou, et je n'y accorde pas de seconde pensée.
Oh oui, ça valait définitivement le coup.
