Mon jour de congé commence sympathiquement. J'ai dormi jusqu'à tard, et Tifa est parvenue à empêcher les enfants de s'abattre sur moi tôt ce matin. Je les entends passer une fois devant ma porte en courant lorsqu'ils se sont levés pour se préparer pour l'école. Cependant, après ça, plus rien. Je soupire de reconnaissance dans mon coussin, enfonçant mon visage.
Quelques heures ont passé lorsque je me lève finalement, réveillé par la lumière du soleil qui m'aveugle. Je trébuche dans les escaliers, les yeux troubles, et me cogne l'orteil. Jurant, je rentre dans le bar.
Et zut.
J'ai oublié que le bar était ouvert aujourd'hui, et au final, je me retrouve maintenant en pyjama, mes cheveux encore plus en épis que d'habitude, et jurant comme Cid.
Et bien, c'est seulement légèrement embarrassant.
Tifa attrape mon bras, me fait tourner sur moi-même et me fait remonter en haut. Elle me pousse dans ma chambre et je me tourne. Elle sourit.
“Ne t'inquiète pas, je vais te monter un déjeuner.”
Elle ferme la porte et j'entends ses pas s'évanouir.
Je redescends à environ deux heures, entièrement vêtus cette fois, et tente de demander à Tifa de me laisser l'aider. J'obtiens une rapide touche sur le nez et elle m'envoie ailleurs. Elle va cependant me laisser m'asseoir au bar, c'est au moins ça.
Pourtant, c'est assez. Je peux guetter les problèmes potentiels, cependant, il n'y a eu aucun signe 'd'opération Z', ni de mes 'frères'. Tch, j'aurais vraiment du causer un peu de souffrance à ces deux-là. Heureusement, la plupart des clients sont suffisamment avisés pour rester loin de Tifa, ou ont une femme. Ce sont les voyageurs que l'on doit surveiller, surtout les plus jeunes. On peut venir au bar pour la nourriture, mais on ne peut pas boire à moins d'avoir plus de 21 ans, ce qui signifie que nous avons toutes sortes de groupes d'âge. Cependant, il n'y a pas eu de problème aujourd'hui.
C'est probablement un homme bien, mais ça ne m'empêche pas de le haïr.
C'est un danger potentiel.
Alors tandis que mon regard était braqué sur le dos de l'homme, je ne vis pas Yuffie venir vers moi avec ce stupide large sourire plaqué sur le visage. Ce n'est pas avant qu'elle ne tape sur mon épaule que je tournai mon regard foudroyant vers elle.
“Quoi?” demandai-je froidement.
Et elle rit juste..."
Je n'arrive pas à croire que je fais ça. Je veux dire, je sais que je m'ennuyais, et je sais que je me plaignais un peu, mais même! La couture n'est pas du tout mon fort.
Je jure pour la énième fois et Tifa glousse. Je suis cependant sauvé lorsque deux petits corps viennent jeter leurs bras autour de mon cou. Je feins un gag, mais j'arrive quand même à me piquer avec l'aiguille encore un fois. Je tiens les deux occupés (et moi-même) jusqu'au souper. Nous mangeons tous ensemble, et je vais à nouveau m'asseoir au bar. Il est environ huit heures et demi, et Marlène et Denzel sont en haut en train de se préparer pour aller au lit. Après que le bar ait fermé, bientôt, nous les mettrons au lit.
C'est bien ça, j'ai dit nous...Mais ne pensez pas à Dudley dans ce nous.
Je souris, mais ma bonne humeur est mise à plat lorsque je le vois pénétrer dans le bar.
Oh chut.
“Tu n'as toujours pas dit pourquoi tu riais...” remarqué-je.
Yuffie glousse encore, “N'est-ce pas évident?”
Je la fixe, “Si c'était évident, je ne serais pas en train de demander.”
“Oh allez Cloud! Tu sais que tu as absolument le plus gros des béguins pour elle.”
Je l'ai? C'était donc ça? Je n'avais pas reconnu ce sentiment...oh, oui, ça prend du sens maintenant.
Attends...est-ce qu'elle vient juste de dire ça en public? Avec Tifa à disons dix pas de moi ? Est-ce qu'elle est complètement folle?!
“Calme-toi, le tigre,” Dit-elle, voyant la colère dans mes yeux, “Ce n'est pas un problème étant donné qu'elle a clairement le béguin pour toi, aussi.”..."
Je ne perds pas de temps. Pas cette fois, mon pote. Je me déplace rapidement derrière le bar alors que l'homme arrive doucement.
Nope, tu ne vas pas dire un seul mot hors de propos. Tu devrais garder ta bouche remplie de mots charmeurs fermée, d'accord ? D'accord !
“Cloud? Qu'est-ce que tu fais?” Tifa est perplexe.
Elle va bientôt se mettre en colère, pensant que je proteste contre le fait de juste m'asseoir à ne rien faire.
Mais je ne proteste pas, j'embrasse.
Bien sûr, le baiser à l'air modeste. Bouche fermé, pas très long, mais c'est empli de passion. C'est électrisant d'embrasser en public, découvre-je.
Cependant, je crois que je viens juste d'entendre le bar retenir son souffle. Qu'est ce que c'est que ça, pensent-ils...Cloud Strife, montrer de l'affection en public? Bontés divines!
Je me recule, et Tifa est décontenancée, mais pas en colère. Je jette un coup d'½il à l'homme. Il a opté pour une chaise à une table au lieu du bar.
“El quel honneur c'était?” Demande-t-elle en rougissant.
“Pour m'avoir fait prendre un jour de congé.”
“Le béguin pour moi?”
“Mm hmm...” Yuffie hoche la tête, les lèvres serrées.
“Elle ne peut pas...”
“Elle peut.”
“Elle n'a pas...”
“Elle l'a. Je veux dire, allez, Cloud, jette-lui un coup d'oeil.”
Je le fais donc, à contrec½ur. J'ai été trop occupé à observer la menace pour remarquer la réaction de Tifa. Sûrement, elle est en train de rougir, mais il n'y a rien d'autre de différent.
“Regarde,” Dit Yuffie, se penchant au dessus de mon épaule, observant attentivement, “Il est sur le point de striker."
Ech, mauvais choix de mots, mais c'est vrai. Je le devine par la manière dont il bouge sa main, la paume ouverte et tendue, s'appuyant sur le bar avec son autre bras. Il y a un air sincère dans son regard alors qu'il parle à Tifa.
“Mais elle va le rej'ter.” Déclare Yuffie, son regard passant maintenant vers moi.
Pourquoi est-ce qu'elle me regarde? Mais je vois qu'elle se tourne encore vers l'homme, Tifa faisant non de la tête, mais tout en souriant et sans doute en le remerciant néanmoins. Je sens mes yeux s'écarquiller, et mes lèvres s'écarter légèrement, ma mâchoire tomber un peu. Je sais maintenant que Yuffie avait juste envie de voir ma réaction.
“Mais pourquoi?” Je ne réalise même pas que j'ai parlé jusqu'à ce que Yuffie réponde.
“Elle t'attends, mon grand.”..."
Ceux-ci sont mes dernières pensées alors que je sombre dans le sommeil. L'homme est parti et le bar a fermé sans incident. Je ne suis pas dans mon lit lorsque je m'endors cependant. Zut, je ne suis même pas dans celui de Tifa.
C'est celui de Marlène. Ma tête se penche légèrement de somnolence, enregistrant le fait que Denzel est allongé avec la tête sur ma jambe gauche, Mon bras drapé au–dessus sur lui, tenant encore distraitement le livre que j'étais en train de lire. (Et non ce n'était PAS Dudley).
Marlène est pelotonnée sur ma droite, sa tête roulant sur le ventre de Tifa. Tifa est sur mon côté droit, son bras enveloppé nonchalamment autour de ma taille, sa tête résidant sur mon buste. Mon bras est autour d'elle, ma main reposant légèrement sur sa hanche. Je fais un léger sourire en regardant ma petite famille. En y repensant maintenant, je réalise que Yuffie a dû doit avoir dit quelque chose à Denzel et à Marlène pour me pousser à demander à Tifa de sortir avec moi cette première fois. Pourquoi aurait-elle autrement accepté aussi facilement de garder les enfants?
Je soupire de satisfaction alors que le sommeil m'accable finalement. Je n'ai pas fait grand-chose à part me souvenir, mais c'était quand même une journée épuisante.
Bien sûre, se souvenir l'est généralement.
