Ce n'est pas la première fois que je suis dans la salle de bain en même temps que Tifa ; pourtant, dans un sens, cela semble bien, bien différent cette fois-ci.
Je suis en retard ce matin, mon alarme n'a pas sonné... Je suspecte Denzel et Marlène d'avoir quelque chose à avoir avec ça.
Bien sûre, je dois maintenant demander à Tifa si c'est d'accord pour que je sois en même temps qu'elle dans la salle de bain. Elle sourit, (serait-ce le spectre d'un rougissement ?) et accepte.
Elle entre d'abord, se place derrière le rideau de douche, puis me donne le okay. Je rentre prudemment, mes yeux se dirigeant directement vers la douche. Le rideau est tiré, mais si je me penche un peu, je peux voir ses pieds au raz du rideau.
...attends...
...pourquoi est-ce que je me penche?
Rougissant, je me tourne, attrape ma brosse à dent, puis entame la tâche éreintante de me préparer. Le miroir de la salle de bain ne cesse de s'embuer, et je dois constamment m'arrêter pour l'essuyer.
Je lève la main, la passe sur mon menton. J'ai grandement besoin d'un rasage.
Alors que je lève la main pour faire mon premier geste, j'entends Tifa qui 'tut'. C'est ça, 'tut'... Je n'ai aucune idée de ce que ce 'tut' signifie. Je hausse les épaules, plaçant le rasoir sur ma joue, puis le fais glisser.
Un bruyant sifflement s'échappe de la bouche de Tifa, et je me crispe.
Ouch, ça pique !
Je vois, le sang se mélanger avec ma crème à raser, et je soupire. J'ai maintenant une longue coupure qui descend le long de ma joue.
Que peut-elle bien pouvoir faire pour se blesser, pensé-je, amenant mon rasoir sur l'autre joue en espérant que cette dernière m'apporte plus de chance.
...blessée...
...Elle est blessée ?
Un autre 'tut' confirme mes peurs et mon rasoir dérape encore, me donnant une coupure symétrique sur l'autre joue, mais je ne m'en moque.
Je me plaque contre terre immédiatement, étudiant les pieds de Tifa. Elle siffle encore, ses orteils se recroquevillant, et c'est à ce moment là que je le vois.
Elle se retourne de telle manière que je fais maintenant face à ses chevilles, et l'eau qui glisse le long de ses jambes est teintée de rouge.
Du sang.
...D'accord, très dilué dans l'eau, apparemment une minuscule quantité de sang, mais ça ne m'arrête pas.
Je me précipite avant même d'y avoir songé, ouvrant complètement le rideau.
« Est-ce que ça va ? »
Merci mon Dieu qu'elle se soit retournée, et Merci que ses cheveux aient retrouvaient leur ancienne longueur... ou autrement, je serais mort maintenant.
Je vois ce qui a causé sa douleur, de petites coupures ensanglantées à l'arrière de ses genoux, et un rasoir serré dan sa main gauche.
Mais ce sont les yeux.
J'ai besoin de m'échapper, maintenant.
Mais je suis gelée sur place, je sais que mon visage saigne et que ma bouche est ouverte, et je sais que je la fixe, et qu'elle me fixe, encore sous le choc (une fois encore, Merci mon Dieu), mais elle est juste tellement belle. Ses cheveux brillent avec l'eau, et son corps souple luit dans la lumière.
Ce n'est qu'après que je remarque que ses joues brûlent, puis elle laisse échapper ce bruit qui pourrait être associé avec le sifflement d'un chiot ; je suis le seul à pouvoir l'entendre.
Un instant plus tard, le rideau s'est refermé, et mon cerveau enregistre ce que je viens de faire. Je chancelle, puis regarde désorienté tandis que sa main tente de me saisir le cou à travers le rideau.
« Euh...désolé...j'ai cru que tu étais blessée » je m'entends marmonner doucement.
« CLOUD STRIFE.» Ses mots m'ont l'air bien trop annonciateurs.
Oublions le rasage... Je n'en ai pas besoin aujourd'hui.

