C'était son parfum. Il était partout. Peu importe de quel côté je me tournais. Je pouvais la sentir sur ma peau, sur la couverture et les coussins qui m'entouraient. Je force mes yeux à s'ouvrir, et grimace à la lumière du matin qui filtre à travers le store. Je m'assois lentement, essuyant le sommeil de mes yeux et baillant. Je jette un regard circulaire dans la pièce, et souris à mes pensées.
Qu'est-ce que ça ferait de se réveiller là chaque matin?
Tifa garde sa chambre bien rangée. Un doux tapis rouge est étalé sur le sol dur. Dans le coin se trouvent une armoire et une coiffeuse remplie de toutes sortes d'accessoires. Les murs sont couverts de divers dessins et peintures faits par Marlène et Denzel. Il y a un grand fauteuil en cuir sur ma droite, et une bibliothèque dont les étages débordent, juste à côté de la fenêtre. Le piano réside à gauche de son lit, et il semble être à la bonne place. Juste à côté de son lit se trouve sa table de chevet sur laquelle trônent un chargeur de téléphone, un réveil et ses boucles d'oreilles en perle. Je suppose qu'elle les a retirées durant la nuit.
Il y a aussi des photos sur la table. Certaines sont plus récentes, comme celle que nous avons prise juste après l'incident du Geostigma. Il y en a une avec juste elle et moi prise il y a quelques semaines, et une autre de nous avec les enfants. Le reste est un amalgame de photos des membres d'AVALANCHE. Une, par contre, attire mon attention. C'est une photo d'elle et d'Aerith, et il se trouve que je ne reconnais pas cette image. Bien sûr, c'est probablement parce qu'elle n'a jamais eu le c½ur de me la montrer. En arrière-plan, je peux me voir en train de brûler une perruque ; Aerith et Tifa, cependant, sont entrain de rire hystériquement en tenant à la main cette robe violette. En fait, elles sont plus ou moins entrain de se soutenir l'une l'autre, se tenant par les épaules et serrant leur ventre douloureux à force de rire, leurs larmes débordant au coin des yeux. Je sens ma bouche former une ligne droite. Je pensais m'être débarrassé de toutes les preuves de ce moment.
Je jette un coup d'oeil à Tifa qui dort encore paisiblement.
Son lit est souple et doux; tout blanc complété d'un matelas à plumes. De petites plumes rescapées décorent son lit et ses coussins. Quelques unes sont prises dans ses cheveux, et je reste assis là durant un moment, en les retirant de ses cheveux.
“Bonjour.” L'entendé-je murmurer tandis qu'elle se plonge plus profondément sous les couvertures.
Je sursaute. Je n'avais même pas réalisé qu'elle était éveillée, et elle rit.
“Est-ce que je t'ai fait peur Cloud?” Marmonne-t-elle, les yeux encore fermés.
Mais elle sourit.
“Non.” Répondé-je, “Mais cette photo, oui.”
Je n'ai même pas besoin de préciser laquelle. Ses yeux s'écarquillent soudainement d'horreur. Elle lève les yeux vers moi en essayant de paraître innocente.
“Emm...Quelle photo?” elle rit.
“Oui, quelle photo...tu as aussi probablement réussi à prendre une photo de moi entrain de me faire entarter par un gâteau incontrôlé, hier soir.”
Je la vois s'empourprer furieusement, et je chancelle.
“Tu n'a pas...vraiment...”
“Et bien...Moi, non.”
“Alors qui?”
“Erm...C'était une femme...elle...avait un appareil photo...Heh ...”
“Tu ne vas pas recevoir une copie, n'est-ce pas?” demandé-je.
“Erm...ça ira si je lui ai donnée notre adresse?”
Je soupire, “Pourquoi est-ce que tu ne commencerais pas à créer un album photo constitué des 'moments embarrassants de Cloud' au passage.”
Elle s'indigne, “Hé, comment penses-tu que je me sentais? Tu crois que j'ai aimé être le centre d'attention de tout le monde après que mon petit ami se soit fait un masque avec mon gâteau d'anniversaire?”
“Qu'est-ce que tu viens de dire?”
“Enfin plutôt... après que tu te sois enfuit dans la salle de bain comme le lâche que tu es,” Déclare-t-elle en me frappant sur le torse. “J'ai dû tout nettoyer...et tu as manqué la dispute que Cid a provoqué avec l'hôtesse anti-animaux...”
“Non...pas ça.”
“Quoi?”
“Est-ce que tu viens juste de m'appeler ton petit ami?”
“...”
Je crois qu'elle viens juste de couiner.
Je la regarde alors que ses mains viennent couvrir sa bouche, et elle devient rose d'embarras.
Je saisis sa main, “Ce n'est pas une mauvaise chose, tu sais? A moins que tu ne veuilles pas que je sois ton petit ami.”
“Cloud!” crie-t-elle en m'infligeant soudainement un coup de coussin.
“Hey!”
Elle rit allégrement alors que les plumes volent, puis je perds tout à-coup mon équilibre, et puis...
BAM!
“Oh! Cloud! Est-ce que ça va?” Elle se penche à moitié hors du lit, ses mains posés à terre, mais ses jambes encore sur le lit.
“Ma hanche...” marmonné-je.
Elle éclate de rire, “Tu sonnes comme un vieil homme.”
Je lui lance un regard foudroyant, et je suis sur le point de répliquer lorsque j'entends une voix.
“Tifa!”
Je palis...elle palît...
C'est Barret.
“Oh mon Dieu...” siffle-t-elle.
Vous devez comprendre le problème face auquel nous sommes actuellement confrontés.
Ca semblera assez évident pour Barret que j'ai passé la nuit dans la chambre de Tifa.
Ca sera assez gênant lorsqu'il nous trouvera ensemble dans le lit de Tifa avec rien d'autre sur nous que nos sous-vêtements...ahem...
S' IL CROIT QUE NOUS AVONS FAIT QUELQUE CHOSE AVEC PETITE MARLENE JUSTE A COTE, IL VA NOUS ASSASSINER...Enfin, juste moi, plus probablement.
Il considère Tifa comme sa fille...maintenant, comment un père réagit-il lorsqu'il découvre sa petite fille au lit avec un homme? Oui...je vous laisse imaginer ça vous-mêmes.
Vous voyez, il pensera que quelque chose de...ahem...sexuelle...s'est passée...et nous ne sommes pas mariés...et s'il se trouvait que Petite Marlène soit passée par là et ait découvert ses deux gardiens...dans une situation compromettante...
Ne nous aventurons pas par là.
Je fais la seule chose qui me semble alors logique: Je repousse Tifa sur les draps et roule sous le lit.
“Tifa!” hurle encore Barret.
Tifa remonte la couverture avant de répondre, “Oui?”
“Je rentre.”
Alors lui, quel sans-gêne...il ne demande même pas.
J'entends le plancher craquer tandis qu'il pénètre dans la pièce, et je retiens mon souffle, reconnaissant que Tifa soit si ordonnée. Cela aurait été beaucoup plus difficile s'il y avait eu de la poussière pour me faire éternuer.
“Tu as vu Cloud?”
“Euh...non...” Balbutie-t-elle. “Je crois qu'il est parti faire une promenade tôt ce matin.”
“Hmm...parce qu'il est pas dans son lit et on dirait que personne y a dormi.”
Je peux pratiquement voir Barret les bras croisés, entrain de lancer à Tifa un regard perçant.
“Et bien...Je ne sais pas vraiment, Barret.” Répond-t-elle vivement.
“Et qu'est-ce que c'était que ce boom que j'ai entendu tout à l'heure?”
“Hein?”
“Ca sonnait comme quelqu'un qui vient de tomber de son lit.”
“Oh...C'était moi.” Réplique-t-elle.
“Tu es tombée du lit?” demande-t-il d'une vois douteuse.
“Ca arrive au meilleur d'entre nous...” Elle rie nerveusement.
“Um umm...Peut-être que y'a des rats ou quelqu' chose...laisse-moi vérifier pour toi.”
Oh...on est dans le gros pétrin!
Je fixe les pieds de Barret alors qu'il pose un genou à terre.
“Barret...ce n'est vraiment pas nécessaire.” Dit- Tifa, et je sens son poids se soulever du lit.
“Barret!” siffle-t-elle.
Okay, Cloud, tu peux le faire si tu planifies bien. Attends... attends... attends... maintenant!
Je me roule en dehors le plus silencieusement possible, reconnaissant que le drap me recouvre encore.
Je m'assois rapidement lorsque j'en suis sorti, apercevant la forme de Barret de l'autre côté du lit. Je me lève furtivement, et me précipite vers la porte sur la pointe des pieds. Mais je me rends compte que je n'y arriverai pas à temps lorsque j'entends Barret se redresser. Je me glisse entre la porte et le mur, puis retiens mon souffle.
“Pas de rats, Barret?” s'enquiert Tifa.
“Non, Tifa...pas de rats.” L'entendé-je grogner.
J'écoute tandis que ses pas lourds se rapprochent de la sortie, et il s'arrête sur le palier, la main posée sur la poignée de la porte.
“Juste une chose, Tifa...”
“Oui?”
“Depuis quand est-ce que tu dors avec juste un soutif ?”
Oh...purée...
Et je pensais être dans le pétrin.
J'ose piquer un ½il en dehors, et réalise que la couverture de Tifa a glissée en la révélant vêtue d'un simple soutien-gorge...et son visage est maintenant entrain de devenir rouge sang... d'embarras sans doute... mais il y a une étincelle dans ses yeux.
Barret, si tu veux vivre, tu ferais mieux de courir.
Je pense qu'il l'a aperçue aussi, parce que je ne l'ai jamais vu détaler aussi vite depuis les jours d'AVALANCHE...et c'était seulement lorsque nous étions pourchassés par des monstres mortellement dangereux.
Tifa vient juste de lui lancer un réveil à la figure.
Ce dernier vient se crasher bruyamment contre la porte refermée, et je ne peux pas m'empêcher de laisser échapper un soupir de soulagement. Je me courbe pour ramasser les restes du réveil édenté et réalise que Tifa se cache derrière sa couverture. Me dirigeant vers le lit, je replace le réveil et m'assois à côté d'elle.
“Va-t-en.” Sa voix est étouffée par la couverture.
“Pourquoi?”
“C'est entièrement de ta faute.”
“Ma faute?”
“Si tu n'étais pas tombé...”
“Si tu ne m'avais pas frappé avec tes coussins...”
“Si tu n'avais pas grimpé sur mon lit...”
“Si tu n'étais pas aussi irrésistible...”
Oh c'était tendre, Strife...tendre comme du beurre. La colère se dissipe.
Je vois son regard se lever vers moi d'un coin de la couverture. Je peux y voir un sourire, et je sais que c'est pour ça qu'elle cache sa bouche. Elle essaie encore de paraître en colère.
Je retire rapidement la couverture et capture ses lèvres avec les miennes.
Alors que nous retombons doucement sur son lit, une pensée me traverse l'esprit.
Même si j'ai dû me livrer à une partie de cache-cache mortelle avec Barret, ça ne me dérangerait pas de me lever comme ça tous les matins.
