Mes yeux s'humidifient alors que je les ouvre à la lumière soudaine du matin. Je suis sur le canapé, avec une couverture enroulée soigneusement autour de moi. Je jette un coup d'½il à l'horloge, il est onze heures, et je me demande un peu pourquoi je ne suis pas encore debout. Jetant un coup d'½il à mon téléphone, je vois qu'il a été fermé. Il semblerait que Tifa ait voulu que je prenne un jour de congé. Je sais que c'est une manière de me remercier pour le cadeau.
Je regarde autour de moi et aperçois Tifa endormie sur la chaise, et je sais maintenant qu'elle n'a jamais voulu s'endormir. Le coin de ma bouche se crispe.
Sa tête penche légèrement sur sa droite et ses cheveux tombent sur sa figure, ses genoux sont ramenés contre elle et son souffle est régulier... Mais ce qui me surprend est le fait qu'elle ait encore une main placée sur les perles, et son autre main repose sur son genou, tenant une rose jaune.
Je suis entrain de faire le déjeuner quand elle se réveille sur sa chaise. Elle regarde autour d'elle déconcertée ; une couverture est enroulée autour d'elle. Elle regarde ailleurs, désorientée.
“Cloud?” me demande-t-elle d'une voix assoupie.
“'Jour.”
Je crois qu'elle n'a pas pu bien dormir depuis un moment déjà, ce qui ne me surprend pas. Elle travaille aussi durement que moi, si non plus considérant le fait qu'elle doit aussi s'occuper des enfants.
Elle se lève doucement, laissant la couverture glisser par terre, et c'est seulement maintenant qu'elle réalise qu'elle a tenu une rose jaune toute la nuit. Elle rougit, la posant sur la chaise.
“Denzel? Marlene?” Me demande-t-elle en baillant.
«Ils n'avaient apparemment pas le coeur de nous réveiller ce matin” je lui réponds en lui tendant un bout de papier.
Elle hoche la tête et le lit ; ils sont sortis jouer avec quelques amis, et seront de retour ce soir.
“Ils me l'ont dit hier.”
Je l'observe alors qu'elle se dirige en haut, allant brosser ses dents, tandis que je sors le déjeuner du poêle. Ma bouche se crispe : ce n'est pas brûlé, je me suis amélioré en cuisine.
C'est alors que je l'entends crier, et je manque de laisser tomber le pot que je tiens. Le plaçant rudement sur la table, je fais un sprint jusqu'aux escaliers.
“Teef? Est-ce que ça va?” demandé-je, grimpant les escaliers quatre à quatre.
La porte de la salle de bain est légèrement entrouverte, et j'hésite, me rappelant d'un certain incident vieux d'à peine quelques mois.
“Teef?” dis-je en ouvrant prudemment la porte.
Elle est entièrement habillée, et ses yeux sont écarquillés de choc. Je peux deviner qu'elle vient juste de se brosser les dents et de se passer un jet d'eau sur le visage pour la réveiller, une serviette étant tenue dans sa main. Elle s'est alors aperçue dans le miroir, et sa main effleure maintenant légèrement les perles.
Je me racle la gorge, et elle se retourne, stupéfaite.
“Je pensais...” elle rougit, “que c'était un rêve.”
Je chancelle, sentant déjà le rougissement grimper sur mon visage. Je ne comprends pas cependant, parce que pour une fois, je n'ai rien fait pour le provoquer. Est-ce qu'elle aurait juste cette effet sur moi ?
Ou peut-être que c'est parce que je peux déjà visualiser ce qui va se passer, je peux déjà la voir marcher jusqu'à moi, et elle n'a même pas encore bougé. Je peux déjà le voir, donc ce n'est pas une grande surprise lorsqu'elle marche jusqu'à moi, me regarde avec ses grands yeux rubis et sourit.
Et m'embrasse.
Droit sur les lèvres.
Bien sûr je savais que ça aller venir, mais rien n'aurait pu me préparer à cette vague d'émotion que m'envahit alors. Je place doucement mes mains sur ses épaules, et nous nous tenons là pendant un moment...nous embrassant...
Oui, embrasser...Je suis entrain d'embrasser Tifa Lockhart...Je ne pensais pas que mon cadeau serait aussi bien...
...oh...
...attends...
Je suis entrain d'embrasser...Tifa...wow... Je pense que la même idée a traversé son esprit, mais à propose de moi, parce qu'elle s'est tout–à-coup reculée ; son visage est rouge sang, et ses yeux sont tournés vers le sol.
Puis elle me pousse soudainement à travers la porte.
"Je veux prendre une douche!” hurle-t-elle.
BAM!
Oh douleur...douleur douleur douleur douleur douleur.
Les portes et les fronts ne sont pas faits pour s'entendre, pensé-je en me frottant le front.
Mais malgré la douleur, je souris.
Je sais que je ne rêve pas, je viens littéralement de me faire claquer une porte au nez.
Je ressens la douleur, ce qui signifie que j'ai aussi réellement senti ses lèvres contre les miennes.
Ca ressemble beaucoup à un rêve, mais ce n'en est pas un.



